Climat : l’ONU met en garde contre les investissements dans les énergies fossiles

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a mis en garde mercredi contre la poursuite des investissements dans les énergies fossiles qui promettent « un avenir insoutenable », à la tribune de la 23e conférence climat à Bonn.

« Les marchés doivent être réorientés loin de ce qui est contre-productif », a-t-il déclaré devant de nombreux responsables politiques, lors de l’ouverture de la séquence ministérielle de la COP23, présidée par les îles Fidji.

« En 2016, un montant estimé à 825 milliards de dollars a été investi dans les énergies fossiles et les secteurs générant des émissions élevées (de gaz à effet de serre). Nous devons cesser de parier sur un futur insoutenable mettant en danger économies et sociétés », a souligné M. Guterres. « Le changement climatique est la menace déterminante de notre temps. Notre devoir est de relever l’ambition » pour lutter plus efficacement contre le réchauffement, a-t-il insisté.

Avant le début des interventions, un jeune Fidjien de 12 ans, Timoci Naulusala, issu d’un village dévasté en 2016 par un cyclone majeur, est venu interpeller le monde. « Mesdames et messieurs, que pouvez-vous faire? ». « Je m’assois chez moi, je regarde les informations et je vois la mer avaler des villages, grignoter les côtes, déplacer notre peuple… C’est catastrophique, c’est triste, mais telle est la réalité », a-t-il lancé, chaleureusement applaudi.

« Ma maison, mon école, tout a été détruit, ma vie était un chaos. Pourquoi? Que faire ? Ne pensons plus économie seulement, mais aussi environnement. Le changement climatique va rester, à moins que vous fassiez quelque chose », a-t-il ajouté, acclamé par l’assemblée.

Plus de 150 ministres et responsables gouvernementaux – dont 25 chefs d’Etat et de gouvernement – doivent se succéder en deux jours à la tribune de la COP23, réunie jusqu’à vendredi.

Parmi eux, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron devaient prendre la parole pour tenter de redonner un élan au combat climatique, handicapé par la décision de Donald Trump de quitter l’accord de Paris officiellement soutenu par le reste du monde.

Mercredi matin, plusieurs dizaines de manifestants ont accueilli les délégués aux cris de « Cessons de financer les énergies fossiles! ». « Le charbon +propre+ est un sale mensonge », lisait-on sur les banderoles.

Cette séquence politique se tient après plus d’une semaine de discussions techniques menées par les négociateurs des différents pays, sur la mise en application de l’accord de Paris.

Adopté par la communauté internationale en décembre 2015, ce texte vise à contenir le réchauffement planétaire sous 2°C par rapport à la période préindustrielle.

« C’est le moment (pour Mme Merkel et M. Macron) de montrer que le couple franco-allemand est dynamique et ambitieux » sur la question des émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique, et qu' »il va s’emparer de ce sujet », estime Armelle Le Comte, de l’ONG Oxfam France.

Dans une lettre ouverte, 18 ONG environnementales ont appelé les deux dirigeants à faire de la transition écologique en Europe leur « priorité ».

D’ici à 2100, largement à cause du retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris, la hausse de la température mondiale atteindra 3,2°C par rapport à l’ère préindustrielle, contre 2,8°C s’ils respectaient leurs engagements initiaux de réduction des gaz à effet de serre, selon une étude de l’ONG Climate Action Tracker rendue publique mercredi à Bonn.

Lourde tâche

Mme Merkel, qui avait présidé la première COP en 1995 à Berlin en tant que ministre de l’Environnement, « a été pendant des années une grande championne du climat », rappelle Jennifer Morgan, de Greenpeace International. Mais sa crédibilité est aujourd’hui en jeu, estime l’ONG, qui appelle l’Allemagne à abandonner le charbon sous peine de manquer ses objectifs climatiques.

Les ministres qui s’exprimeront à Bonn « ont une lourde tâche », notamment avancer sur la question du soutien promis par les pays riches aux pays pauvres, ajoute Mohamed Adow, de l’ONG Christian Aid. « Cette réunion n’a pas progressé sur plusieurs sujets essentiels… Presque comme si les négociateurs s’étaient crus à la plage » en participant à cette COP présidée par les îles Fidji.

Côté américain, le sous-secrétaire d’Etat aux Affaires politiques Thomas Shannon, qui devait prendre la parole jeudi, sera remplacé, en raison d' »une urgence familiale », par Judith Garber, secrétaire d’Etat adjointe aux océans et aux affaires scientifiques et environnementales internationales, a annoncé le département d’Etat.

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