• lun. Mai 17th, 2021

Macron : la France a besoin de l’Allemagne pour réformer l’Europe

Le président français Emmanuel Macron a souligné que la France aurait « besoin » de l’Allemagne pour réformer l’Europe, à deux jours d’un vote crucial sur la formation d’une coalition gouvernementale entre conservateurs et sociaux-démocrates à Berlin.

« Ce que je peux simplement dire c’est que l’ambition que nous portons ne peut advenir seule et qu’elle a besoin de se conjuguer avec l’ambition allemande », a-t-il dit au côté de la chancelière Angela Merkel à l’Elysée.

La chancelière a jugé de son côté « capital d’avoir un gouvernement stable en Allemagne pour agir en Europe », alors que son délicat projet de coalition risque d’être compromis dimanche par un vote au congrès des sociaux-démocrates (SPD) qui s’annonce serré.

Elle a relevé un « large terrain d’entente (avec le SPD, ndlr), notamment en ce qui est de l’engagement européen ».

« Je suis confiante sur ce chemin et je crois qu’au congrès du SDP, nombreux seront ceux qui œuvreront pour qu’on arrive à des négociations de coalition mais c’est la décision autonome et indépendante des sociaux-démocrates en Allemagne », a-t-elle ajouté.

Emmanuel Macron s’est refusé à commenter l’échéance de dimanche – « je m’abstiendrai de faire quelque pronostic que ce soit sur quelque vote que ce soit », a-t-il dit – mais a aussi relevé que l’accord de principe conclu le 12 janvier entre SPD et conservateurs sur une coalition porte « une ambition véritable pour le projet européen ».

Les quelque 600 délégués sociaux-démocrates doivent se prononcer sur ce document de programme commun rédigé en vue d’un futur gouvernement. Mais des fédérations régionales et des figures du mouvement ont déjà signifié leur opposition à toute nouvelle grande coalition avec la CDU d’Angela Merkel.

« La chancelière a une ambition européenne, les dirigeants du SPD ont manifesté une ambition européenne, et le texte commun en porte une », a souligné Emmanuel Macron.

Le président français, qui propose d’instaurer un budget et un président de la zone euro, a une grande proximité de vues avec les sociaux-démocrates sur les sujets européens. Une partie des conservateurs allemands sont en revanche plus réservés sur son projet européen pour plus d’intégration économique.

A Paris, la chancelière et le président français ont insisté sur leur ambition commune pour renforcer l’Europe, en renvoyant à plus tard des décisions concrètes.

« Ce qui doit constamment nous animer, c’est d’être au clair sur les finalités que nous poursuivons plutôt qu’être obsessionnel sur les instrumentes », a relevé Emmanuel Macron.

Parmi les sujets où « France et Allemagne pourront aller de l’avant », Angela Merkel a notamment donné l’exemple « d’un impôt sur les sociétés commun avec une assiette commune ». « Un tel projet est urgent et suppose une zone euro stable », a-t-elle déclaré, une allusion aux cas de dumping fiscal à l’intérieur de l’Europe dont profitent notamment les géants du numérique.

Emmanuel Macron avait lui parlé d’un impôt sur les sociétés « harmonisé » dans l’UE. La Commission veut aussi relancer un projet de 2011 — pendant longtemps dans l’impasse en raison des divergences entre les 28 — pour créer une assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés, actuellement en discussion.

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