{"id":11624,"date":"2023-03-14T19:55:09","date_gmt":"2023-03-14T18:55:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/?p=11624"},"modified":"2023-03-14T19:55:09","modified_gmt":"2023-03-14T18:55:09","slug":"refugies-au-portugal-les-jeunes-musiciens-afghans-brisent-le-silence-impose-par-les-talibans","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/portugal\/refugies-au-portugal-les-jeunes-musiciens-afghans-brisent-le-silence-impose-par-les-talibans\/","title":{"rendered":"R\u00e9fugi\u00e9s au Portugal, les jeunes musiciens afghans brisent le silence impos\u00e9 par les talibans"},"content":{"rendered":"<h2>\u00ab\u00a0Ici, nous pouvons sauver notre musique\u00a0\u00bb, se r\u00e9jouit Ramiz, un jeune musicien afghan accueilli dans le nord du Portugal avec plusieurs de ses camarades de l&rsquo;\u00e9cole nationale de musique qui ont fui leur pays en 2021, apr\u00e8s la prise du pouvoir par les talibans.<\/h2>\n<p>\u00ab\u00a0Notre espoir est de pouvoir rentrer un jour en Afghanistan et montrer que notre musique n&rsquo;est pas morte\u00a0\u00bb, confie \u00e0 l&rsquo;AFP cet homme de 19 ans en tenant sur ses genoux son rubab, un instrument traditionnel \u00e0 cordes, sorte de luth incrust\u00e9 de nacre.<\/p>\n<p>Ramiz est l&rsquo;un des 58 \u00e9tudiants de l&rsquo;Institut national de musique d&rsquo;Afghanistan (Anim), \u00e2g\u00e9s de 13 \u00e0 21 ans, install\u00e9s dans les villes portugaises de Braga et Guimaraes.<\/p>\n<p>Avec ses camarades, plusieurs professeurs et une partie de leurs familles, ils \u00e9taient 273 r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 \u00eatre arriv\u00e9s en avion \u00e0 Lisbonne le 13 d\u00e9cembre 2021, apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 l&rsquo;Afghanistan de crainte de repr\u00e9sailles de la part des talibans, qui ont ferm\u00e9 les \u00e9coles de musique, mis les instruments sous cl\u00e9 et interdit les spectacles publics.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Lorsque les talibans sont arriv\u00e9s aux portes de Kaboul, il \u00e9tait clair que nous devions partir\u00a0\u00bb, se souvient Ahmad Sarmast, le directeur de l&rsquo;Anim, qui a tout fait pour faire \u00e9vacuer dans l&rsquo;urgence les \u00e9l\u00e8ves et le personnel de son institut.<\/p>\n<p>Cet homme de 61 ans a perdu une partie de son audition dans un attentat commis par les talibans en 2014.<\/p>\n<h3>Un acte de r\u00e9sistance<\/h3>\n<p>\u00ab\u00a0Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;Afghanistan est une nation r\u00e9duite au silence\u00a0\u00bb, victime d'\u00a0\u00bbun g\u00e9nocide culturel et musical\u00a0\u00bb, ajoute ce sp\u00e9cialiste de la musique afghane, qui s&rsquo;est donn\u00e9 pour mission de sauvegarder le patrimoine musical de son pays et de faire revivre au Portugal l&rsquo;\u00e9cole qu&rsquo;il a fond\u00e9e en 2010.<\/p>\n<p>Le projet est \u00ab\u00a0de r\u00e9cr\u00e9er l&rsquo;institut de musique en exil\u00a0\u00bb, explique M. Sarmast. Au Portugal, l&rsquo;\u00e9cole a pu reconstituer la plupart de ses activit\u00e9s, comme l&rsquo;orchestre symphonique ou l&rsquo;ensemble Zohra, le premier orchestre enti\u00e8rement f\u00e9minin d&rsquo;Afghanistan, cr\u00e9\u00e9 en 2016.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ce qui nous reste (\u00e0 faire), c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9cole elle-m\u00eame\u00a0\u00bb, lance M. Sarmast, qui est \u00e0 la recherche d&rsquo;un local pouvant accueillir l&rsquo;Anim. Il esp\u00e8re que l&rsquo;ouverture de l&rsquo;\u00e9cole pourra se concr\u00e9tiser \u00ab\u00a0dans environ deux ans\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En attendant de trouver un local o\u00f9 elle pourra rena\u00eetre, ses \u00e9l\u00e8ves sont accueillis au conservatoire de musique de Braga, o\u00f9 ils continuent de jouer de la musique, comme s&rsquo;ils accomplissaient un acte de r\u00e9sistance.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Chaque spectacle de notre \u00e9cole est une mani\u00e8re de protester contre ce qui se passe en Afghanistan\u00a0\u00bb, observe le \u00ab\u00a0Dr Sarmast\u00a0\u00bb, ainsi que l&rsquo;appellent ses \u00e9tudiants, qui se sont produits d\u00e9but mars \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;un concert avec la c\u00e9l\u00e8bre violoniste am\u00e9ricaine d&rsquo;origine japonaise Midori Goto.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C&rsquo;est tr\u00e8s bien d&rsquo;\u00eatre ici, car nous sommes tous ensemble\u00a0\u00bb, t\u00e9moigne Shogufa, une percussionniste de 19 ans qui partage depuis le d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e un trois-pi\u00e8ces avec une autre \u00e9tudiante dans le quartier du conservatoire.<\/p>\n<p>A des milliers de kilom\u00e8tres de Kaboul, Shogufa tente de profiter de la libert\u00e9 que lui offre cette nouvelle vie au Portugal. Pendant son temps libre, cette admiratrice de Beethoven aime composer de la musique, cuisiner, sortir manger un hamburger ou faire du sport avec ses camarades dans un club de gym du quartier.<\/p>\n<h3>\u00ab\u00a0Poursuivre nos \u00e9tudes\u00a0\u00bb<\/h3>\n<p>Alors qu&rsquo;en Afghanistan, lyc\u00e9ennes et \u00e9tudiantes n&rsquo;ont plus acc\u00e8s \u00e0 une \u00e9ducation moderne, au Portugal \u00ab\u00a0nous avons de la chance d&rsquo;aller \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole tous les jours\u00a0\u00bb pour \u00ab\u00a0poursuivre nos \u00e9tudes\u00a0\u00bb, souligne la jeune femme aux cheveux bruns tir\u00e9s en arri\u00e8re.<\/p>\n<p>Ramiz, le joueur de rubab, est lui aussi reconnaissant de pouvoir continuer \u00e0 s&rsquo;adonner \u00e0 sa passion, mais son regard s&rsquo;assombrit lorsqu&rsquo;il \u00e9voque sa famille rest\u00e9e au pays.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je parle \u00e0 ma m\u00e8re tous les jours ! Elle a besoin d&rsquo;entendre ma voix chaque soir avant de s&rsquo;endormir\u00a0\u00bb, t\u00e9moigne le jeune homme, dont le p\u00e8re et les deux fr\u00e8res sont \u00e9galement musiciens.<\/p>\n<p>Shogufa se dit \u00ab\u00a0tr\u00e8s inqui\u00e8te\u00a0\u00bb pour ses parents, ainsi que pour ses six fr\u00e8res et soeurs vivant dans un petit village et dont le quotidien se r\u00e9sume \u00e0 \u00ab\u00a0rester \u00e0 la maison (&#8230;) sans projets pour l&rsquo;avenir\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Pourtant, \u00ab\u00a0\u00eatre r\u00e9fugi\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, c&rsquo;est tr\u00e8s difficile\u00a0\u00bb, poursuit la percussionniste, arriv\u00e9e \u00e0 Braga apr\u00e8s avoir pass\u00e9 plus de sept mois dans un ancien h\u00f4pital militaire de Lisbonne, un s\u00e9jour sous le signe de la pr\u00e9carit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Mon grand r\u00eave est de rentrer un jour en Afghanistan\u00a0\u00bb, affirme-t-elle, se disant persuad\u00e9e \u00ab\u00a0que les choses vont s&rsquo;arranger (&#8230;) et que les talibans ne resteront pas au pouvoir pour toujours.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Ici, nous pouvons sauver notre musique\u00a0\u00bb, se r\u00e9jouit Ramiz, un jeune musicien afghan accueilli dans le nord du Portugal avec plusieurs de ses camarades de l&rsquo;\u00e9cole nationale de musique qui ont fui leur pays en 2021, apr\u00e8s la prise du pouvoir par les talibans. \u00ab\u00a0Notre espoir est de pouvoir rentrer un jour en Afghanistan et [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":11625,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[2678,2677,2676,2020],"class_list":["post-11624","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-portugal","tag-afghans","tag-musiciens-afghans","tag-refugies-au-portugal","tag-talibans"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11624","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11624"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11624\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11626,"href":"https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11624\/revisions\/11626"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/wp-json\/wp\/v2\/media\/11625"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11624"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11624"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11624"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}