{"id":1520,"date":"2014-07-04T01:32:01","date_gmt":"2014-07-03T23:32:01","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culturalusa.com\/news\/?p=1520"},"modified":"2021-03-01T11:23:37","modified_gmt":"2021-03-01T10:23:37","slug":"lexode-des-jeunes-portugais-continue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/portugal\/lexode-des-jeunes-portugais-continue\/","title":{"rendered":"L&rsquo;exode des jeunes Portugais continue"},"content":{"rendered":"<h3>Toutes les cinq minutes, un Portugais fait ses valises pour quitter le pays.<\/h3>\n<p>Malgr\u00e9 la timide reprise de l&rsquo;\u00e9conomie, les candidats \u00e0 l&rsquo;exil sont toujours plus nombreux parmi les jeunes dipl\u00f4m\u00e9s, dont des infirmiers, m\u00e9decins, professeurs et ing\u00e9nieurs.<\/p>\n<p>Il y a 40 ans, ses grands-parents \u00e9migraient \u00e0 Tours en France, o\u00f9 ils ont travaill\u00e9 comme employ\u00e9e de maison et menuisier. Joana Miranda, une infirmi\u00e8re de 27 ans, s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 s&rsquo;installer, elle, en Allemagne, gr\u00e2ce \u00e0 un emploi d\u00e9croch\u00e9 dans une clinique \u00e0 Munich.<\/p>\n<p>Au Portugal, elle encha\u00eenait des petits boulots dans des maisons de retraite. \u00abJe gagnais 5 euros brut de l&rsquo;heure, sans contrat fixe. J&rsquo;arrivais \u00e0 500 euros net par mois. En Allemagne, j&rsquo;aurai un emploi stable, avec 2000 euros net\u00bb, raconte-t-elle.<\/p>\n<blockquote><p>Un tiers des 3500 infirmiers form\u00e9s chaque ann\u00e9e dans les \u00e9coles portugaises \u00e9migrent, selon leur ordre professionnel. A part l&rsquo;Allemagne, c&rsquo;est surtout l&rsquo;Angleterre qui les attire.<\/p><\/blockquote>\n<p>L&rsquo;exode des Portugais s&rsquo;est encore acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 en 2013, quelque 128&rsquo;000 habitants ont pris le large pour \u00e9chapper \u00e0 la crise. Entre 2011 et 2013, ils \u00e9taient plus de 300&rsquo;000 \u00e0 chercher leur salut \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger.<\/p>\n<h3>Pauvret\u00e9 persistante au Portugal<\/h3>\n<p>Lors de la grande vague d&rsquo;\u00e9migration des ann\u00e9es 1960, ils fuyaient la dictature de Salazar, la guerre coloniale et la mis\u00e8re. Aujourd&rsquo;hui, les Portugais connaissent la d\u00e9mocratie, mais la pauvret\u00e9 persiste.<\/p>\n<p>\u00abCet exode inqui\u00e9tant traduit un manque total de confiance des Portugais en l&rsquo;avenir du pays\u00bb, a comment\u00e9 \u00e0 l&rsquo;AFP Maria Manuela Aguiar, ancienne secr\u00e9taire d&rsquo;Etat \u00e0 l&rsquo;\u00e9migration. Et la tendance n&rsquo;est pas pr\u00e8s de s&rsquo;inverser: \u00abJe ne vois pas d&rsquo;am\u00e9lioration; l&rsquo;h\u00e9morragie devrait se poursuivre en 2014 et 2015\u00bb.<\/p>\n<p>Joana Miranda figure parmi la dizaine de participants \u00e0 un cours intensif d&rsquo;allemand \u00e0 l&rsquo;institut Goethe de Lisbonne, qui a vu le nombre de ses \u00e9l\u00e8ves exploser pendant la crise. L&rsquo;Allemagne a accueilli 12&rsquo;000 Portugais depuis 2011, mais la langue est une barri\u00e8re difficile \u00e0 franchir.<\/p>\n<p>Expliquer les unit\u00e9s de mesure des perfusions, s&rsquo;y retrouver dans les m\u00e9dicaments, s&rsquo;adresser \u00e0 un patient qui sort des soins intensifs &#8230; pour l&rsquo;instant, l&rsquo;allemand des \u00e9l\u00e8ves est encore un peu h\u00e9sitant.<\/p>\n<p>Mais comme Joana, ils ont d\u00e9j\u00e0 tous un contrat de travail en poche et commenceront le 15 juillet dans une clinique sp\u00e9cialis\u00e9e en cardiologie \u00e0 Munich, qui leur finance des cours d&rsquo;allemand.<\/p>\n<p>Certaines, comme Maria Chaves, 29 ans, quittent un emploi stable. Elle gagnait 1100 euros net par mois dans un h\u00f4pital \u00e0 Lisbonne. \u00abIci, nous n&rsquo;avons pas d&rsquo;avenir, pas de perspective d&rsquo;avancement\u00bb, explique la jeune infirmi\u00e8re. Son mari, un militaire, a d\u00e9missionn\u00e9 pour la suivre.<\/p>\n<p>Aust\u00e9rit\u00e9 aggrave la r\u00e9cession et le ch\u00f4mage<\/p>\n<p>La cure d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 du Portugal a contribu\u00e9 \u00e0 aggraver la r\u00e9cession et le ch\u00f4mage. Au printemps 2013, la croissance est revenue et l&#8217;emploi a commenc\u00e9 \u00e0 remonter la pente. Mais 37,5% des moins de 25 ans n&rsquo;ont toujours pas de travail.<\/p>\n<p>Si la plupart des jeunes \u00e9migr\u00e9s continuent \u00e0 exercer les m\u00eames m\u00e9tiers que leurs grands-parents (construction, h\u00f4tellerie, m\u00e9nage), environ 20% parmi eux sont des dipl\u00f4m\u00e9s hautement qualifi\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00abContrairement aux ann\u00e9es 1960, le Portugal est d\u00e9sormais confront\u00e9 \u00e0 une fuite des cerveaux. C&rsquo;est dangereux, on a perdu ceux dont nous avons besoin pour faire red\u00e9marrer l&rsquo;\u00e9conomie\u00bb, constate Joao Peixoto, professeur de sociologie \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Lisbonne.<\/p>\n<p>Selon lui, il faudrait \u00abtenter de faire revenir les jeunes dipl\u00f4m\u00e9s d\u00e8s que possible\u00bb. Un retour au pays est-il envisageable?<br \/>\n\u00abL&rsquo;Allemagne est un pays fantastique. J&rsquo;y vais pour y rester\u00bb, assure Maria Chaves. (AFP)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Toutes les cinq minutes, un Portugais fait ses valises pour quitter le pays. Malgr\u00e9 la timide reprise de l&rsquo;\u00e9conomie, les candidats \u00e0 l&rsquo;exil sont toujours plus nombreux parmi les jeunes dipl\u00f4m\u00e9s, dont des infirmiers, m\u00e9decins, professeurs et ing\u00e9nieurs. 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