{"id":1781,"date":"2015-05-05T11:56:57","date_gmt":"2015-05-05T09:56:57","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culturalusa.com\/news\/?p=1781"},"modified":"2015-05-05T12:00:18","modified_gmt":"2015-05-05T10:00:18","slug":"manoel-de-oliveira-se-livre-dans-un-film-posthume-tenu-secret","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/culture\/manoel-de-oliveira-se-livre-dans-un-film-posthume-tenu-secret\/","title":{"rendered":"Manoel de Oliveira se livre dans un film posthume tenu secret"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.culturalusa.com\/news\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/manoel-de-oliveira.jpg\" alt=\"Manoel de Oliveira\" width=\"467\" height=\"280\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1782\" srcset=\"https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/manoel-de-oliveira.jpg 467w, https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/manoel-de-oliveira-275x165.jpg 275w\" sizes=\"auto, (max-width: 467px) 100vw, 467px\" \/>Dans \u00ab\u00a0La Visite ou M\u00e9moires et Confessions\u00a0\u00bb, le cin\u00e9aste portugais Manoel de Oliveira, mort en avril dernier \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 106 ans, s&rsquo;est livr\u00e9 \u00e0 un exercice autobiographique \u00e0 la diffusion volontairement posthume, pr\u00e9sent\u00e9 en premi\u00e8re mondiale lundi \u00e0 Porto.<\/p>\n<p>Tenu quasiment secret, le film avait \u00e9t\u00e9 remis\u00e9 aussit\u00f4t apr\u00e8s son tournage en 1982 avec pour instruction formelle du cin\u00e9aste de ne le montrer qu&rsquo;apr\u00e8s sa mort. <\/p>\n<p>Il sera \u00e9galement projet\u00e9 mardi \u00e0 la Cin\u00e9math\u00e8que portugaise, \u00e0 Lisbonne, et sera au programme du prochain Festival de Cannes, dans la section \u00ab\u00a0Cannes Classics\u00a0\u00bb o\u00f9 sont montr\u00e9s des films anciens restaur\u00e9s et des documentaires sur des films et personnalit\u00e9s du cin\u00e9ma. <\/p>\n<p>Seuls quelques privil\u00e9gi\u00e9s l&rsquo;avaient vu jusqu&rsquo;ici, lors de deux projections priv\u00e9es \u00e0 la Cin\u00e9math\u00e8que de Lisbonne, \u00e0 laquelle Manoel de Oliveira avait confi\u00e9 la garde de ce long-m\u00e9trage de 68 minutes, tourn\u00e9 dans la discr\u00e9tion par une petite \u00e9quipe. <\/p>\n<p>Malgr\u00e9 le myst\u00e8re qui l&rsquo;entourait depuis lors, le film ne contient aucune r\u00e9v\u00e9lation fracassante sur le metteur en sc\u00e8ne n\u00e9 \u00e0 Porto en 1908, qui fut longtemps le doyen des cin\u00e9astes en activit\u00e9. <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C&rsquo;est un film de Manoel de Oliveira sur Manoel de Oliveira, \u00e0 propos d&rsquo;une maison\u00a0\u00bb, explique d&#8217;embl\u00e9e le r\u00e9alisateur de sa propre voix. <\/p>\n<p>Cette maison, c&rsquo;est la superbe villa d&rsquo;architecte qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait fait construire \u00e0 Porto en 1942 et o\u00f9 il a v\u00e9cu avec sa famille pendant une quarantaine d&rsquo;ann\u00e9es, avant d&rsquo;\u00eatre obliger de la vendre \u00ab\u00a0pour rembourser des dettes\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>Face \u00e0 la cam\u00e9ra <\/p>\n<p>La cam\u00e9ra d\u00e9ambule \u00e0 travers la maison vide, hant\u00e9e par les meubles et les objets de ceux qui l&rsquo;habitaient. On entend en off un dialogue entre un homme et une femme, \u00e9crit par l&rsquo;\u00e9crivain portugaise Agustina Bessa-Luis \u00e0 la demande de Manoel de Oliveira. <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Une maison est un objet qui me permet de m&rsquo;entendre avec quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre, rien de plus\u00a0\u00bb, dit la voix d&rsquo;homme. <\/p>\n<p>Puis le cin\u00e9aste appara\u00eet lui-m\u00eame face \u00e0 la cam\u00e9ra pour raconter l&rsquo;histoire de cette maison et, \u00e0 travers elle, sa propre histoire et celle de sa famille. <\/p>\n<p>Il commente alors les photos de ses parents et de ses enfants, ceux qu&rsquo;il appelle son \u00ab\u00a0clan\u00a0\u00bb. Sur le m\u00eame ton pos\u00e9, avec parfois un brin de son \u00e9ternelle ironie, il en vient \u00e0 expliquer son go\u00fbt pour l&rsquo;agriculture et \u00ab\u00a0les choses li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;architecture\u00a0\u00bb, ou \u00e0 r\u00e9sumer sa pens\u00e9e sur des sujets qui ont marqu\u00e9 son oeuvre comme la mort, la foi et, bien s\u00fbr, le cin\u00e9ma. <\/p>\n<p>Il raconte aussi le jour o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 par la police politique sous la dictature qui a gouvern\u00e9 le Portugal de 1928 \u00e0 1974, \u00ab\u00a0pour avoir dit des choses moins agr\u00e9ables au r\u00e9gime\u00a0\u00bb, ou comment l&rsquo;usine que lui avait laiss\u00e9 son p\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 ruin\u00e9e \u00e0 la suite d&rsquo;une occupation ouvri\u00e8re dans la foul\u00e9e de la R\u00e9volution des Oeillets. <\/p>\n<p>Un portrait authentique <\/p>\n<p>Si le caract\u00e8re testamentaire du film est ind\u00e9niable, \u00ab\u00a0il n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 fait face \u00e0 l&rsquo;imminence de la mort ou d&rsquo;une fin de carri\u00e8re\u00a0\u00bb d&rsquo;un homme \u00e2g\u00e9 alors de 73 ans, a expliqu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;AFP le directeur de la Cin\u00e9math\u00e8que portugaise, Jos\u00e9 Manuel Costa. <\/p>\n<p>Fid\u00e8le \u00e0 la simplicit\u00e9 d\u00e9concertante qui caract\u00e9risait le metteur en sc\u00e8ne, l&rsquo;originalit\u00e9 de ce projet d\u00e9coule, d&rsquo;apr\u00e8s M. Costa, d&rsquo;un compromis entre deux sentiments contradictoires: \u00ab\u00a0la n\u00e9cessit\u00e9 de faire perdurer la m\u00e9moire de cette maison dans un film et la pudeur de le montrer \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les films autobiographiques, devenus aujourd&rsquo;hui une chose banale, n&rsquo;\u00e9taient pas un acte naturel pour quelqu&rsquo;un de la g\u00e9n\u00e9ration de Manoel de Oliveira\u00a0\u00bb, a-t-il ajout\u00e9 \u00e0 propos d&rsquo;un projet \u00ab\u00a0unique\u00a0\u00bb dans l&rsquo;oeuvre du cin\u00e9aste, qui offre \u00ab\u00a0un portrait authentique, sinc\u00e8re et direct de l&rsquo;homme et de sa pens\u00e9e\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>Grand ma\u00eetre du cin\u00e9ma portugais \u00e0 la long\u00e9vit\u00e9 record, Manoel de Oliveira s&rsquo;est \u00e9teint le 2 avril dernier. Son oeuvre, entam\u00e9e au temps du muet, est compos\u00e9e d&rsquo;une cinquantaine de films et documentaires parmi lesquels \u00ab\u00a0Aniki-Bobo\u00a0\u00bb (1942), \u00ab\u00a0Le Soulier de Satin\u00a0\u00bb (1985), \u00ab\u00a0La Cassette\u00a0\u00bb (1994) ou \u00ab\u00a0Je rentre \u00e0 la maison\u00a0\u00bb (2001). (AFP)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans \u00ab\u00a0La Visite ou M\u00e9moires et Confessions\u00a0\u00bb, le cin\u00e9aste portugais Manoel de Oliveira, mort en avril dernier \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 106 ans, s&rsquo;est livr\u00e9 \u00e0 un exercice autobiographique \u00e0 la diffusion volontairement posthume, pr\u00e9sent\u00e9 en premi\u00e8re mondiale lundi \u00e0 Porto. 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