{"id":1871,"date":"2015-07-21T14:07:39","date_gmt":"2015-07-21T12:07:39","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culturalusa.com\/news\/?p=1871"},"modified":"2015-07-21T14:07:39","modified_gmt":"2015-07-21T12:07:39","slug":"aux-acores-la-vie-des-pecheurs-de-rabo-de-peixe-nest-pas-facile","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/culture\/aux-acores-la-vie-des-pecheurs-de-rabo-de-peixe-nest-pas-facile\/","title":{"rendered":"Aux A\u00e7ores la vie des p\u00eacheurs de Rabo de Peixe n&rsquo;est pas facile"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.culturalusa.com\/news\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/sao-miguel-acores.jpg\" alt=\"S\u00e3o Miguel - a\u00e7ores\" width=\"467\" height=\"293\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1872\" srcset=\"https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/sao-miguel-acores.jpg 467w, https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/sao-miguel-acores-275x173.jpg 275w\" sizes=\"auto, (max-width: 467px) 100vw, 467px\" \/>Sur l\u2019\u00eele de Sao Miguel, aux A\u00e7ores, l\u2019esprit communautaire des p\u00eacheurs de Rabo de Peixe perdure de p\u00e8re en fils, malgr\u00e9 leurs conditions de vie difficiles et une diminution des stocks de poisson.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0J\u2019ai \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 dans ce milieu et j\u2019aime cette vie de malheur\u00a0\u00bb, lance avec fiert\u00e9 Jos\u00e9 Vieira, occup\u00e9 \u00e0 ranger ses filets avec son fils Paulo Miguel, qui vient de f\u00eater son 12e anniversaire.<\/p>\n<p>Propri\u00e9taire d\u2019une petite embarcation traditionnelle, l\u2019homme de 47 ans et ses sept marins, tous membres de sa famille, d\u00e9chargent 700 kg de pagres, rascasses rouges, congres et mur\u00e8nes sur le plus important port de p\u00eache de cet archipel portugais, situ\u00e9 en plein l\u2019Atlantique nord.<\/p>\n<p>La prise du jour est correcte mais ce p\u00eacheur \u00e0 l\u2019air railleur et son \u00e9quipage gagnent en moyenne moins de 400 euros par mois, comme la plupart de leurs compagnons de fortune dans cette bourgade de la c\u00f4te nord de S\u00e3o Miguel, la plus grande des neuf \u00eeles que comptent les A\u00e7ores.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Cela va de mal en pis. Il y a trop de bateaux sur la mer, mais on ne peut pas s\u2019arr\u00eater de p\u00eacher. On ira jusqu\u2019au dernier poisson\u00a0\u00bb, assure avec son fort accent local Jos\u00e9 Vieira, torse nu, cigarette au coin de la bouche.<\/p>\n<p>L\u2019avenir de ses quatre enfants, dont le jeune Paulo Miguel, un petit gar\u00e7on timide venu \u00abdonner un coup de main apr\u00e8s l\u2019\u00e9cole\u00bb, lui semble donc trac\u00e9 d\u2019avance: \u00ab\u00a0\u00e0 la p\u00eache au moins on \u00e9vite de mourir de faim\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>100 euros par semaine<\/strong><\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui \u00e2g\u00e9 de 16 ans, Ruben Oliveira, fils et fr\u00e8re de p\u00eacheurs, a lui aussi commenc\u00e9 \u00e0 travailler tr\u00e8s t\u00f4t, d\u00e8s ses 11 ans. \u00abC\u2019est une vie difficile. Si on gagne 100 euros par semaine c\u2019est d\u00e9j\u00e0 bien\u00bb, dit-il r\u00e9sign\u00e9, assis sur un cageot.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La p\u00eache est en crise depuis longtemps et les p\u00eacheurs ont toujours \u00e9t\u00e9 pauvres, mais il y a 20 ans on en vivait beaucoup mieux\u00a0\u00bb, r\u00e9sume le pr\u00e9sident de leur syndicat, Luis Carlos Brum.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s lui, la situation a commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019aggraver il y a environ cinq ans avec les difficult\u00e9s qu\u2019a connues le secteur du b\u00e2timent, seule alternative donn\u00e9e aux travailleurs peu qualifi\u00e9s, mais surtout en raison d\u2019une surp\u00eache qui menace d\u2019\u00e9puiser les stocks de poisson.<\/p>\n<p>Si l\u2019archipel compte pr\u00e8s d\u2019un million de kilom\u00e8tres carr\u00e9s de surface maritime, la mer y est tr\u00e8s profonde et les zones de p\u00eache \u00e0 la port\u00e9e de sa flotte traditionnelle restent peu nombreuses.<\/p>\n<p>\u00abLa p\u00eache aux A\u00e7ores reste essentiellement artisanale, elle n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 modernis\u00e9e pour devenir une activit\u00e9 \u00e9conomique viable\u00bb, reconna\u00eet Fausto Abreu, membre du gouvernement r\u00e9gional charg\u00e9 des Affaires de la mer, d\u00e9fenseur d\u2019une fili\u00e8re qui \u00abp\u00eache moins pour vendre mieux\u00bb.<\/p>\n<p>Ce responsable admet cependant qu\u2019il n\u2019est pas ais\u00e9 de transformer la mentalit\u00e9 des p\u00eacheurs de Rabo de Peixe (nom qui veut dire \u00abqueue de poisson\u00bb en portugais) pour les attirer vers d\u2019autres activit\u00e9s, m\u00eame li\u00e9es \u00e0 la mer, telles que la pisciculture et le tourisme maritime.<\/p>\n<p>\u00abC\u2019est une communaut\u00e9 aux traditions tr\u00e8s ancr\u00e9es, o\u00f9 les fils de p\u00eacheurs n\u2019envisagent pas de faire autre chose. Cela ne serait pas un souci si cette culture n\u2019\u00e9tait pas en proie \u00e0 de graves probl\u00e8mes d\u2019abandon scolaire pr\u00e9coce, de maternit\u00e9s adolescentes et d\u2019alcoolisme\u00bb, explique M. Abreu.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les enfants ici grandissent en libert\u00e9 et r\u00eavent d\u2019affronter les dangers de la mer comme leurs p\u00e8res et on a du mal \u00e0 leur expliquer qu\u2019il faut aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole le plus longtemps possible\u00a0\u00bb, poursuit-il.<\/p>\n<p>Stigmatis\u00e9e dans les m\u00e9dias comme \u00e9tant la communaut\u00e9 la plus d\u00e9pendante des prestations sociales vers\u00e9es par l\u2019Etat, Rabo de Peixe et ses pr\u00e8s de 10.000 habitants affichent un des taux de f\u00e9condit\u00e9 les plus \u00e9lev\u00e9s du Portugal, qui figure par ailleurs au dernier rang europ\u00e9en en la mati\u00e8re.<\/p>\n<p>Si beaucoup d\u2019enfants et d\u2019adolescents aident leurs parents, ils sont \u00e9galement nombreux, d\u00e9soeuvr\u00e9s, \u00e0 se baigner bruyamment dans le port de p\u00eache ou \u00e0 fl\u00e2ner dans les ruelles \u00e9troites du quartier des p\u00eacheurs, compos\u00e9 de petites maisons juxtapos\u00e9es aux couleurs vives et vari\u00e9es.<\/p>\n<p>Matriarche d\u2019une famille comptant neuf enfants et 15 petits-enfants, Maria Ferreira assume sa condition avec fatalisme: \u00ab\u00a0je suis petite-fille, fille, \u00e9pouse, m\u00e8re et grand-m\u00e8re de p\u00eacheurs\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0De mon temps, on n\u2019avait pas toutes ces prestations sociales mais le travail de mon mari suffisait \u00e0 nous nourrir.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0Aujourd\u2019hui, le poisson se fait rare et les prix baissent\u00bb, regrette cette femme de 57 ans. \u00abSi on avait un autre choix, je serais la premi\u00e8re \u00e0 abandonner cette vie.\u00a0\u00bb (AFP)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sur l\u2019\u00eele de Sao Miguel, aux A\u00e7ores, l\u2019esprit communautaire des p\u00eacheurs de Rabo de Peixe perdure de p\u00e8re en fils, malgr\u00e9 leurs conditions de vie difficiles et une diminution des stocks de poisson. \u00ab\u00a0J\u2019ai \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 dans ce milieu et j\u2019aime cette vie de malheur\u00a0\u00bb, lance avec fiert\u00e9 Jos\u00e9 Vieira, occup\u00e9 \u00e0 ranger ses filets [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[308],"class_list":["post-1871","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-culture","tag-acores"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1871","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1871"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1871\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1871"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1871"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1871"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}