{"id":2594,"date":"2017-03-07T13:41:20","date_gmt":"2017-03-07T12:41:20","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culturalusa.com\/news\/?p=2594"},"modified":"2020-11-04T15:01:39","modified_gmt":"2020-11-04T14:01:39","slug":"langola-nest-plus-un-eldorado-pour-les-portugais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/portugal\/langola-nest-plus-un-eldorado-pour-les-portugais\/","title":{"rendered":"L\u2019Angola n\u2019est plus un Eldorado pour les portugais"},"content":{"rendered":"<p>Pouss\u00e9e par la crise \u00e9conomique, beaucoup de portugais avaient d\u00e9croch\u00e9 un emploi en Angola, terre de refuge pour les \u00e9migr\u00e9s portugais.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Au d\u00e9but, je gagnais 4 200 euros net par mois, en travaillant dans un spa. J\u2019\u00e9tais log\u00e9e et nourrie, c\u2019\u00e9tait le paradis\u00a0\u00bb, raconte Marina Pereira cette ost\u00e9opathe de 33 ans, qui s\u2019\u00e9tait install\u00e9e en 2012 \u00e0 Luanda, capitale de l\u2019ancienne colonie portugaise riche en p\u00e9trole et diamants, o\u00f9 la langue officielle reste le portugais. <\/p>\n<p>Puis l\u2019euphorie a fait place \u00e0 la d\u00e9sillusion : \u00ab\u00a0J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre pay\u00e9e en kwanzas, la monnaie locale, et mon revenu mensuel a fondu \u00e0 1 000 euros. Le change ne se faisait qu\u2019au march\u00e9 noir, \u00e0 un taux prohibitif\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Elle est repartie car \u00ab\u00a0la vie \u00e0 Luanda \u00e9tait devenue bien trop ch\u00e8re\u00a0\u00bb. Le retour en 2015 au Portugal, \u00e0 peine sorti d\u2019une r\u00e9cession profonde, s\u2019av\u00e8re brutal. Un salaire de 650 euros pour travailler dans un gymnase, \u00ab\u00a0ce n\u2019est pas suffisant pour avoir une qualit\u00e9 de vie d\u00e9cente\u00a0\u00bb, t\u00e9moigne cette jeune femme \u00e0 la chevelure noire et au regard p\u00e9tillant.<\/p>\n<p>Chass\u00e9s par les troubles qui ont accompagn\u00e9 l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019Angola, quelque 300 000 colons portugais avaient d\u00fb plier bagages en 1975. Quarante ans plus tard, le Portugal assiste \u00e0 une nouvelle vague de \u00ab\u00a0retornados\u00a0\u00bb contraints de quitter ce pays africain englu\u00e9 \u00e0 son tour dans la crise. <\/p>\n<p>Cet exode entam\u00e9 en 2015 est \u00ab\u00a0toujours en cours, mais \u00e0 un moindre rythme\u00a0\u00bb, estime le pr\u00e9sident de la Chambre de commerce luso-angolaise, Paulo Varela.<\/p>\n<p>Ils gagnaient plusieurs milliers d\u2019euros par mois<\/p>\n<p>Alors que l\u2019argent du p\u00e9trole coulait \u00e0 flots \u00e0 Luanda, qui se r\u00eavait en futur Duba\u00ef, les cours de l\u2019or noir ont commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019effondrer en 2014. Les recettes du pays, qui dispute la place de premier producteur de p\u00e9trole d\u2019Afrique subsaharienne au Nigeria, ont \u00e9t\u00e9 divis\u00e9es par deux. <\/p>\n<p>Du coup, l\u2019\u00c9tat angolais, dont le budget d\u00e9pend pour 70% du p\u00e9trole, a mis un frein \u00e0 l\u2019investissement public, arr\u00eatant des milliers de chantiers, et limit\u00e9 l\u2019acc\u00e8s aux devises, frappant ainsi de plein fouet les entreprises du b\u00e2timent et des travaux publics.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0De nombreux groupes portugais op\u00e9rant en Angola n\u2019arrivent plus \u00e0 payer leurs salari\u00e9s car ils ont du mal \u00e0 rapatrier leurs gains\u00a0\u00bb, explique Ricardo Pedro Gomes, pr\u00e9sident de l\u2019Association des entreprises de construction portugaises. <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Sur les 100 000 ouvriers portugais du BTP qui travaillaient en Angola avant la crise, il n\u2019en reste plus que quelques milliers. Et il y a des retards de salaires allant jusqu\u2019\u00e0 un an\u00a0\u00bb, rench\u00e9rit Albano Ribeiro, dirigeant du syndicat de la construction.<\/p>\n<p>Pedro Dias, un agent commercial de 42 ans employ\u00e9 par un groupe \u00e9lectronique angolais, a assist\u00e9 aux d\u00e9parts successifs de ses amis, avant de retourner lui aussi au Portugal. <\/p>\n<p>A Luanda, il \u00e9tait pay\u00e9 2 500 \u00e0 3 000 euros par mois, et l\u2019entreprise prenait en charge son logement, la voiture et l\u2019alimentation. Des revenus suffisants pour faire vivre sa femme et ses trois enfants, rest\u00e9s au pays. <\/p>\n<p>Mais avec les restrictions de devises, les virements bancaires vers le Portugal ont cess\u00e9. \u00ab J\u2019ai d\u00fb repartir, il fallait bien que ma famille mange. \u00bb<\/p>\n<p>Agress\u00e9e par des enfants arm\u00e9s<\/p>\n<p>La vie des \u00e9migr\u00e9s \u00e0 Luanda est pourtant sem\u00e9e d\u2019emb\u00fbches. \u00ab En public, on ne parle jamais du r\u00e9gime angolais \u00bb, dirig\u00e9 d\u2019une main de fer depuis 37 ans par le pr\u00e9sident Jos\u00e9 Eduardo dos Santos, pointe Pedro Dias. \u00ab Si l\u2019on veut \u00e9viter des probl\u00e8mes, il ne faut pas se m\u00ealer de politique. \u00bb<\/p>\n<p>PORTUGAL-ECONOMY-OIL-ANGOLA-FEATUREQuant \u00e0 Marina Pereira, elle s\u2019est fait agresser en plein jour \u00ab avec une arme point\u00e9e sur la t\u00eate, par des enfants de dix ou onze ans. \u00bb Elle se souvient aussi d\u2019avoir \u00ab\u00a0attrap\u00e9 la malaria et la fi\u00e8vre jaune\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0failli mourir\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Mais malgr\u00e9 cela, \u00ab\u00a0l\u2019Angola me manque, c\u2019est une relation amour-haine, j\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 fascin\u00e9e par l\u2019Afrique\u00a0\u00bb, sourit-elle, \u00e9voquant des \u00ab plages merveilleuses \u00bb et \u00ab\u00a0l\u2019odeur de la terre humide\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>D\u2019o\u00f9 l\u2019id\u00e9e de repartir dans une autre ex-colonie portugaise : Sao Tom\u00e9-et-Principe, une \u00eele situ\u00e9e au large du Gabon. Sa valise rose fuchsia, pos\u00e9e \u00e0 m\u00eame le sol dans l\u2019entr\u00e9e de son logement modeste au centre de Lisbonne, est d\u00e9j\u00e0 pr\u00eate. (AFP)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pouss\u00e9e par la crise \u00e9conomique, beaucoup de portugais avaient d\u00e9croch\u00e9 un emploi en Angola, terre de refuge pour les \u00e9migr\u00e9s portugais. \u00ab\u00a0Au d\u00e9but, je gagnais 4 200 euros net par mois, en travaillant dans un spa. 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