{"id":9237,"date":"2021-03-02T12:14:42","date_gmt":"2021-03-02T11:14:42","guid":{"rendered":"https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/?p=9237"},"modified":"2021-03-02T12:28:19","modified_gmt":"2021-03-02T11:28:19","slug":"il-y-a-30-ans-gainsbourg-est-parti-je-suis-venu-te-dire-que-je-m-en-vais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.culturalusa.com\/news\/culture\/il-y-a-30-ans-gainsbourg-est-parti-je-suis-venu-te-dire-que-je-m-en-vais\/","title":{"rendered":"Il y a 30 ans, Gainsbourg est parti, \u00ab\u00a0Je suis venu te dire que je m&rsquo;en vais\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>Le 2 mars 1991, Serge Gainsbourg part cette fois sans crier gare. Une crise cardiaque, foudroyante, alors qu&rsquo;il est chez lui, seul, \u00e0 Paris. \u00ab\u00a0L&rsquo;homme \u00e0 la t\u00eate de chou\u00a0\u00bb a 62 ans.<\/p>\n<blockquote><p>C&rsquo;est le week-end de la fin de la guerre du Golfe. La nouvelle tombe dans la nuit du samedi au dimanche: \u00ab\u00a0<span style=\"color: #800000;\">Serge Gainsbourg<\/span> est mort, apprend-on de bonne source aupr\u00e8s des sapeurs-pompiers de Paris\u00a0\u00bb, annonce \u00e0 00H35 l&rsquo;AFP.<\/p><\/blockquote>\n<p>Dans la soir\u00e9e, devant la maison du 5 bis rue de Verneuil, Bambou, sa derni\u00e8re compagne, s&rsquo;est inqui\u00e9t\u00e9e quand il n&rsquo;a pas r\u00e9pondu -personne n&rsquo;a les clefs quand il compose- et a alert\u00e9 les secours. On le retrouve gisant nu \u00e0 m\u00eame le sol.<\/p>\n<p>Un choc mais pas une surprise tant l&rsquo;auteur de <span style=\"color: #800000;\"><strong>\u00ab\u00a0Je t&rsquo;aime moi non plus\u00a0\u00bb<\/strong><\/span> a br\u00fbl\u00e9 la vie par les deux bouts. Les derni\u00e8res ann\u00e9es, Gainsbourg a c\u00e9d\u00e9 beaucoup de place \u00e0 Gainsbarre, son Mr Hyde, augmentant encore sa consommation d&rsquo;alcool et de gitanes et s&rsquo;ab\u00eemant dans le monde de la nuit.<\/p>\n<p><strong>Il y a eu d\u00e9j\u00e0 des alertes, la mort a frapp\u00e9 \u00e0 sa porte. 1973, premi\u00e8re crise cardiaque; 1989, lourde op\u00e9ration du foie; puis autre infarctus et nouvelle hospitalisation<\/strong>.<\/p>\n<p>Derni\u00e8rement, le roi de la provocation a pourtant essay\u00e9 de trouver paix et repos. Pour composer son dernier album, qu&rsquo;il va enregistrer au printemps \u00e0 La Nouvelle-Orl\u00e9ans, il se r\u00e9fugie pendant six mois chez le chef \u00e9toil\u00e9 Marc Meneau \u00e0 V\u00e9zelay (Yonne).<\/p>\n<p><strong>Il parle beaucoup de la mort, omnipr\u00e9sente dans sa vie -enfant, il a port\u00e9 l&rsquo;\u00e9toile jaune- et son oeuvre<\/strong>. Elle le terrorise. Comme un ultime pied de nez, il a sc\u00e9naris\u00e9 une vraie-fausse interview posthume que Lib\u00e9ration publie le jour venu.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Bon je suis mort (&#8230;) C&rsquo;est le coeur qui a l\u00e2ch\u00e9. Non, c&rsquo;est plut\u00f4t une overdose de plomb. C&rsquo;\u00e9tait assez foudroyant. Et puis, j&rsquo;\u00e9tais exceptionnellement faible\u00a0\u00bb, pr\u00e9sage-t-il alors.<\/p>\n<p>Beaucoup n&rsquo;apprennent son d\u00e9c\u00e8s qu&rsquo;au petit matin. Le dimanche, des centaines de personnes, silencieuses, viennent d\u00e9poser des fleurs ou \u00e9crire des messages sur la fa\u00e7ade blanche de la maison d\u00e9j\u00e0 pleine de graffitis. Bient\u00f4t un lieu de p\u00e8lerinage.<br \/>\n<iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube-nocookie.com\/embed\/no9_hgauJeU\" width=\"100%\" height=\"400\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><br \/>\n\u00ab\u00a0On est loin des grandes foules rassembl\u00e9es devant les domiciles de Piaf, Claude Fran\u00e7ois ou Dalida, quelques heures apr\u00e8s leur disparition. Rue de Verneuil, pas de sc\u00e8nes d&rsquo;hyst\u00e9rie, pas de sanglots, pas de portraits brandis. Plut\u00f4t une r\u00e9signation devant cette mort annonc\u00e9e depuis longtemps par Gainsbourg lui-m\u00eame\u00a0\u00bb, t\u00e9moigne un journaliste de l&rsquo;AFP.<\/p>\n<h3>Entre Baudelaire et Sartre<\/h3>\n<p>Les proches d\u00e9filent, son ex-compagne <span style=\"color: #800000;\"><strong>Jane Birkin<\/strong><\/span> en t\u00eate. Un rabbin passe dire les pri\u00e8res rituelles. Le pr\u00e9sident Fran\u00e7ois Mitterrand salue dans un t\u00e9l\u00e9gramme \u00ab\u00a0son amour de la langue et son g\u00e9nie musical\u00a0\u00bb. L&rsquo;une de ses muses, Brigitte Bardot, l&rsquo;interpr\u00e8te de \u00ab\u00a0Harley Davidson\u00a0\u00bb, pleure \u00e0 distance un homme \u00ab\u00a0irrempla\u00e7able qui se d\u00e9truisait depuis longtemps\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le Canard encha\u00een\u00e9 republie son premier article consacr\u00e9 \u00e0 Gainsbourg en 1958, \u00e0 la sortie du \u00ab\u00a0Poin\u00e7onneur des Lilas\u00a0\u00bb. Une chanson \u00ab\u00a0sombre, fi\u00e9vreuse et belle\u00a0\u00bb, vibrait Boris Vian.<\/p>\n<p>Le 7 mars, apr\u00e8s un hommage au fun\u00e9rarium de Nanterre, o\u00f9 son cercueil est expos\u00e9 deux jours, c&rsquo;est l&rsquo;heure du dernier adieu au cimeti\u00e8re du Montparnasse. Dans la sobri\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Sous un soleil printanier, l&rsquo;artiste est enterr\u00e9 avec ses parents Joseph et Olga Ginsburg, des immigr\u00e9s russes juifs. Une plaque grise avec ces simples mots: \u00ab\u00a0Serge Gainsbourg 1928-1991\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Au milieu des proches, de ses plus jeunes enfants, <span style=\"color: #800000;\">Charlotte et Lulu<\/span>, et de personnalit\u00e9s, Catherine Deneuve, pour qui il a compos\u00e9 \u00ab\u00a0Dieu est un fumeur de havanes\u00a0\u00bb, lit en guise d&rsquo;hom\u00e9lie le texte d&rsquo;une chanson \u00e9crite pour Jane, \u00ab\u00a0Fuir le bonheur avant qu&rsquo;il se sauve\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h3>\u00ab\u00a0Quand j&rsquo;aurai disparu, lance au moins quelques orties sur ma tombe, mon p&rsquo;tit Lulu\u00a0\u00bb, plaidait l&rsquo;artiste en pr\u00e9face d&rsquo;une chanson d\u00e9di\u00e9e \u00e0 son fils. Le cercueil est recouvert d&rsquo;une montagne de fleurs blanches&#8230;<\/h3>\n<p>Sur une gerbe, on peut lire \u00ab\u00a0Ses amis du commissariat du 6e\u00a0\u00bb, hommage des policiers auxquels il rendait visite la nuit.<\/p>\n<p>Entre Baudelaire et Sartre, il repose dans le \u00ab\u00a0trou\u00a0\u00bb chant\u00e9 par le \u00ab\u00a0<strong>Poin\u00e7onneur des Lilas<\/strong>\u00ab\u00a0: \u00ab\u00a0Se faire un petit trou, un dernier petit trou et on me mettra dans un grand trou\u00a0\u00bb. (AFP)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 2 mars 1991, Serge Gainsbourg part cette fois sans crier gare. Une crise cardiaque, foudroyante, alors qu&rsquo;il est chez lui, seul, \u00e0 Paris. \u00ab\u00a0L&rsquo;homme \u00e0 la t\u00eate de chou\u00a0\u00bb a 62 ans. C&rsquo;est le week-end de la fin de la guerre du Golfe. 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