Le parquet national financier a ouvert une enquête préliminaire après une plainte de Greenpeace sur des soupçons de délits boursiers visant EDF, accusé par l’ONG d’avoir présenté un bilan inexact de ses finances qui seraient plombées par le nucléaire, a-t-on appris vendredi de source judiciaire.
Greenpeace avait annoncé le 24 novembre dans un communiqué le dépôt d’une plainte auprès du parquet national financier (PNF) contre le groupe énergétique EDF ainsi que son PDG, Jean-Bernard Levy, pour délits boursiers, leur reprochant un bilan inexact et la diffusion d’informations trompeuses.
Une enquête préliminaire a été ouverte sur la base des faits dénoncés par Greenpeace, qui font l’objet d’une analyse en lien avec l’autorité des marchés financiers (AMF), le gendarme de la Bourse, a précisé la source judiciaire.
Greenpeace s’appuie sur les résultats d’une étude du cabinet d’analyse financière AlphaValue qui estimait que l’électricien avait sous-provisionné les coûts du démantèlement et de la gestion des déchets nucléaires.
Selon ce rapport, rendu public le 17 novembre, le groupe français n’aurait provisionné que 25 milliards d’euros alors qu’AlphaValue estime entre 57,3 et 63,4 milliards d’euros en 2025, les fonds nécessaires à ces opérations.
Selon le chargé de campagne énergie pour Greenpeace, Cyrille Cormier, l’insincérité des comptes d’EDF vise à cacher la situation extrêmement dégradée de l’entreprise.
En réponse, EDF a contesté vigoureusement les prétendues analyses comptables et financières du cabinet AlphaValue réalisées à la demande de Greenpeace, et a annoncé une plainte visant ces allégations mensongères.
EDF, contrôlé à 85,3% par l’Etat, souligne que ses comptes sont audités et certifiés par ses commissaires aux comptes. Le groupe fait également valoir que les coûts de démantèlement du parc nucléaire ont par ailleurs fait l’objet d’un audit du ministère de l’Environnement et de l’Énergie, dont la synthèse, publiée le 15 janvier, conforte ses estimations.
Le cabinet AlphaValue s’est basé notamment sur des hypothèses tirées de plusieurs rapports de la Cour des Comptes, parfois différentes de celles utilisées par EDF, sur les coûts de déconstruction des centrales et la nécessité de fermer au moins 17 réacteurs pour respecter les objectifs de la loi sur la transition énergétique.
Le cabinet a également comparé les calculs d’EDF avec ceux d’autres exploitants nucléaires, notamment allemands. (AFP)








