• sam. Sep 18th, 2021

L’OMS homologue le vaccin de Johnson & Johnson et vole au secours d’AstraZeneca

L’OMS a homologué vendredi le vaccin à dose unique contre le Covid-19 de Johnson & Johnson, quelques heures après avoir volé au secours d’AstraZeneca, dont le serum est suspendu dans plusieurs pays en raison de craintes liées à sa sécurité.

Les Etats-Unis, où le vaccin de Johnson & Johnson est déjà autorisé avec ceux de Moderna et Pfizer/BioNTech, ont dépassé vendredi la barre des 100 millions de doses injectées, selon les chiffres officiels des autorités sanitaires.

Après le feu vert de l’OMS, le vaccin de Johnson & Johnson pourra désormais être distribué via le système onusien Covax à destination des pays défavorisés. Outre le fait d’être injecté en dose unique, il présente aussi l’avantage de pouvoir être conservé dans un réfrigérateur classique.

L’agence onusienne avait déjà autorisé le vaccin de Pfizer-BioNTech, ainsi que de deux versions de celui d’Astrazeneca-Oxford, qui connaît actuellement des déconvenues dans plusieurs pays.

Mais l’OMS s’est voulue rassurante vendredi, jugeant qu’il « n’y a pas de raison de ne pas utiliser » le vaccin d’AstraZeneca, alors que « les avantages (…) continuent de l’emporter sur ses risques ».

Sur fond de craintes liées à la formation de caillots de sang, le Danemark, l’Islande, la Norvège et la Bulgarie ont pourtant décidé de suspendre son utilisation tandis que la Thaïlande a retardé le lancement de sa campagne de vaccination, prévue vendredi.

« Aucune preuve de risque »

En début de semaine, l’Autriche avait cessé d’administrer un lot de ces vaccins après le décès d’une infirmière de 49 ans à la suite de « graves troubles de la coagulation » quelques jours après avoir été vaccinée.

L’Estonie, la Lituanie, la Lettonie et le Luxembourg ont dans la foulée cessé d’utiliser ce lot d’un million de doses. L’Italie a suspendu l’utilisation d’un autre lot du vaccin d’AstraZeneca.

Le laboratoire anglo-suédois a affirmé en retour qu’il n’y avait « aucune preuve de risque aggravé » de caillot sanguin entraîné par son vaccin.

L’Agence européenne des médicaments a elle aussi assuré que le risque de caillot sanguin n’était pas plus élevé chez les personnes vaccinées et estimé que le vaccin pouvait continuer à être utilisé.

Mais le régulateur européen a toutefois recommandé vendredi l’ajout d’allergies sévères dans la liste des effets secondaires possibles de ce vaccin, après l’identification de liens probables avec des réactions de ce type au Royaume-Uni.

Le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique qui a commencé début mars les vaccinations avec l’AstraZeneca, a fait savoir qu’il ne comptait pas suspendre sa campagne.

Et le Brésil, où la situation est très préoccupante, selon le directeur général de l’OMS -le pays a battu cette semaine un nouveau record de morts en 24 heures (2.286)- a justement donné vendredi son autorisation au vaccin d’AstraZeneca.

La France, où le nombre de morts dus au Covid a dépassé vendredi 90.000, a elle aussi jugé qu’y avait pour l’instant « pas lieu de suspendre » les injections.

Reconfinement en Italie

Dans plusieurs pays, les autorités sanitaires s’inquiètent de l’arrivée d’une troisième vague, comme en Allemagne, en Grèce et surtout en Italie, pays qui va reconfiner une grande partie de sa population à partir de lundi.

« Plus d’un an après le début de la crise sanitaire, nous nous retrouvons malheureusement face à une nouvelle vague de contagion », a déploré le Premier ministre Mario Draghi dont le gouvernement a adopté vendredi plusieurs mesures de restriction qui courront du 15 mars au 6 avril.

Les régions classées en zone rouge (plus de 250 nouveaux cas par semaine), devront fermer écoles, bars et restaurants et les déplacements y seront limités. Et toute la péninsule sera classée en « rouge » pour le week-end de Pâques, les 3, 4 et 5 avril).

L’Italie, qui a passé cette semaine la barre des 100.000 morts dus à la pandémie de Covid-19, enregistre une forte hausse des contaminations et des décès, liés en grande partie au variant britannique.

Si le pays a lancé son plan de vaccination énergiquement fin décembre, les livraisons se sont depuis considérablement ralenties et seules 1,8 million de personnes – sur une population de 60 millions – avaient reçu vendredi deux doses de vaccin.

Selon la base de données de l’AFP, dans l’ensemble de l’Union européenne, 7,2 % de la population a reçu au moins une dose de vaccin et 3,2 % deux doses.

S’inquiétant de « plusieurs points chauds », la Commission européenne étendra jusqu’à fin juin son mécanisme de contrôle des exportations de vaccins, imposé depuis fin janvier.

La situation s’améliore en revanche aux Etats-Unis, qui ont déjà passé des commandes pour recevoir d’ici fin mai assez de doses pour vacciner l’ensemble des adultes américains. Le pays va lever progressivement les restrictions d’âge afin que tous les adultes soient éligibles au vaccin d’ici le 1er mai.

Washington a en outre autorisé vendredi étudiants en médecine, dentistes, vétérinaires, ou encore retraités de ces professions, à injecter les vaccins.

Les dirigeants des Etats-Unis, du Japon, de l’Australie et de l’Inde se sont par ailleurs engagés à produire un milliard de doses de vaccin contre le Covid-19 en Inde d’ici fin 2022.

La situation s’améliore aussi en Israël, pays le plus en avance dans la vaccination (hors micro-Etats) avec 59 % de sa population ayant reçu au moins une dose. Les autorités ont annoncé vendredi un assouplissement des restrictions aux frontières terrestres avec la Jordanie et l’Egypte, fermées depuis fin janvier.

Au moins 336,31 millions de doses de vaccins anti-Covid ont été administrées dans le monde, selon un comptage réalisé par l’AFP vendredi.

Qualifié de pandémie par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis un an, le Covid-19 a causé plus de 2,6 millions de morts dans le monde, selon le bilan établi par l’AFP.

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