La campagne présidentielle a mis le cap sur la sécurité et le social: les candidats de droite à la présidentielle ont rivalisé de fermeté sur la lutte contre la délinquance, tandis que la gauche dénonçait le mal-logement.
De son côté, le futur candidat Emmanuel Macron a précisé les contours du « revenu universel d’activité » qu’il souhaite mettre en place en fusionnant APL et minima sociaux, et souhaité plus de logement social, avant de se rendre dans les Hauts-de-France parler aide aux territoires et immigration.
A 67 jours du premier tour, le président sortant retient toujours son annonce de candidature, assurant, dans le quotidien La Voix du Nord, avoir « d’abord l’obsession que la phase aiguë de l’épidémie (de Covid-19) et le pic de la crise géopolitique actuelle soient derrière nous ». Sur le front du Covid justement, la situation s’améliore un peu et plusieurs restrictions ont été levées mercredi.
La candidate de droite Valérie Pécresse était la première à intervenir lors du « grand oral » des prétendants à l’Elysée organisé par le syndicat de police Alliance. Seuls les candidats de droite et d’extrême droite ont accepté d’y participer, ainsi que le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin.
« Intraitable »
La candidate LR a promis d’être « intraitable » avec les « voyous », tirant à boulets rouges sur l’action du gouvernement. Elle a aussi souhaité la mise en place d’une peine automatique d’un an de prison ferme avec incarcération « si on touche à un policier ou un gendarme » afin de « ramener l’ordre dans le pays ».
La candidate d’extrême droite Marine Le Pen, au coude à coude avec Mme Pécresse autour de 17 % dans les sondages, et Eric Zemmour (autour de 14 %) ont également répondu présent sur ce thème sécuritaire, une des principales préoccupations des Français derrière le pouvoir d’achat et la santé.
L’ancien polémiste a affirmé que la lutte contre l’immigration était « la mère de toutes les batailles », plaidant de nouveau en faveur d’une « immigration zéro », qui constitue selon lui « la première réponse fondamentale » à la délinquance.
A gauche, la candidate PS Anne Hidalgo et le communiste Fabien Roussel ont décliné l’invitation, tout comme Yannick Jadot (EELV). Quant au leader insoumis Jean-Luc Mélenchon, qui selon Alliance « ne fait que prôner la haine anti-flic », le syndicat ne l’a pas invité.
Le patron de la France insoumise, candidat de gauche le plus haut dans les sondages (autour de 10 %), a préféré aborder, avec Christiane Taubira, Anne Hidalgo, Yannick Jadot et Fabien Roussel, une autre problématique, chère à leur famille politique, le mal-logement, à l’occasion de la publication du rapport 2022 de la Fondation Abbé Pierre.
« Pas à la hauteur »
Sur RTL, Yannick Jadot a déjà estimé que la facture énergétique des Français liée à leur domicile pourrait être réduite de « 600 à 700 euros » par an s’il était élu.
Il a notamment cité « 10 milliards (d’euros) d’investissements sur les logements », qui permettraient via leur rénovation « 700 euros d’économies par an » sur la facture énergétique des Français et l’emploi de « 100.000 artisans sur tous nos territoires ».
La fondation dresse un constat sévère du quinquennat d’Emmanuel Macron, « pas à la hauteur » des enjeux à ses yeux, en pointant du doigt particulièrement les économies sur les aides au logement (APL), désormais calculées en fonction des revenus récents et non plus ceux remontant à deux ans auparavant.
Après un conseil de défense sanitaire et un conseil des ministres, le chef de l’État a pris la direction des Hauts-de-France, coiffé de sa triple casquette de président, futur candidat et chef en exercice du conseil de l’UE.
Auprès des ministres de l’Intérieur européens, il y parlera de l’immigration en Europe. Mais aussi social, avec l’annonce au coeur du bassin minier d’une nouvelle subvention de l’État de 100 millions d’euros pour la rénovation urbaine de ce territoire où les taux de chômage (15 %) et de pauvreté (18,5 %) sont très supérieurs à la moyenne nationale.
Saisissant l’occasion, Marine Le Pen s’est, elle aussi, rendue dans les Hauts-de-France, étrillant le candidat non déclaré: « C’est une forme de mépris de venir avec sa casquette de président alors qu’il (Macron) est candidat pour faire des promesses avec le chéquier de la République dont il sait pertinemment qu’elles ne seront pas tenues ».
Comme en écho à ces attaques récurrentes de l’opposition, Olivier Becht, patron des députés Agir alliés dans la majorité, a souligné que le président sortant avait intérêt à déclarer sa candidature « le plus tard possible » afin de ne pas affaiblir son image de chef d’Etat au moment où la France affronte des crises majeures. (AFP)











