26 septembre 2020

Pompeo appele les Européens à choisir la « liberté » contre la « tyrannie » chinoise

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Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a livré vendredi l’un de ses réquisitoires les plus sévères contre la Chine, en exhortant l’Europe à choisir clairement « la liberté » plutôt que la « tyrannie » que veut lui imposer cet Etat « voyou ».

« Le Parti communiste chinois veut vous obliger à choisir » entre les Etats-Unis et la Chine, a-t-il prévenu lors d’une intervention virtuelle au sommet sur la démocratie de Copenhague.

« On ne peut pas enjamber cette alternative sans renier qui nous sommes. Les démocraties qui dépendent de régimes autoritaires ne méritent pas leur nom », a-t-il martelé, avant le sommet de lundi prochain entre les dirigeants des institutions européennes et le Premier ministre chinois Li Keqiang.

« J’espère entendre davantage de déclarations publiques de la part de l’Europe au sujet du défi chinois », « pour ne laisser aucune place à la confusion dans le choix entre la tyrannie et la liberté », a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis de Donald Trump reprochent depuis plusieurs mois à l’Europe de se montrer faible à l’égard de la Chine par crainte de perdre l’accès à son vaste marché.

Ce différend a occupé une place de choix dans l’échange de lundi entre Mike Pompeo et ses homologues européens, dont le secrétaire d’Etat a reconnu vendredi qu’il a été « vigoureux ».

« L’Union européenne doit se positionner à un moment où les tensions entre les États-Unis et la Chine constituent l’axe principal de la politique mondiale, alors que les pressions pour +choisir son camp+ augmentent », avait souligné le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell avant cette rencontre, tout en refusant de « s’engager dans une quelconque guerre froide » avec le géant asiatique.

A son issue, il avait dit avoir proposé « de poursuivre le dialogue bilatéral sur la Chine », sans avoir obtenu de réponse immédiate côté américain.

Vendredi, le secrétaire d’Etat a énuméré tous les griefs américains
Et ils sont nombreux.

« Acteur voyou »

Le Parti communiste chinois, un « acteur voyou », « a décrété la fin de la liberté à Hong Kong » en « violation » de ses engagements internationaux, a-t-il dit.

Le président chinois Xi Jinping — qu’il a préféré qualifier de « secrétaire général » pour mieux le renvoyer à son rôle de chef du parti au pouvoir — « a donné son feu vert » à « une violation des droits humains d’une ampleur inédite depuis la Seconde Guerre mondiale » contre les musulmans ouïghours.

Il a encore accusé l’armée chinoise de provoquer une « escalade des tensions frontalières avec l’Inde », et de « militariser la mer de Chine méridionale ».

Mike Pompeo, considéré comme le faucon anti-Chine du président américain Donald Trump et qui a depuis longtemps identifié Pékin comme le premier adversaire stratégique de Washington, a rappelé que les Etats-Unis les tenaient pour responsable d’avoir « menti sur le coronavirus » et d’avoir « permis sa propagation à travers le monde ».

Et il a dénoncé les « pressions » pour que tous les pays donnent accès au géant chinois des télécoms Huawei, « un outil de l’Etat de surveillance » instauré selon lui par le pouvoir communiste.

Aux Européens, il a notamment dit que les autorités chinoises attaquaient « de manière flagrante » leur « souveraineté » économique en « achetant des infrastructures cruciales » comme le port grec du Pirée.

« Chaque investissement d’une entreprise publique chinoise doit être accueilli avec suspicion », a averti le ministre.

Mike Pompeo a assuré avoir tenu ce même message « très franc » au haut responsable chinois Yang Jiechi lors de leur réunion de crise de plus de six heures mercredi à Hawaï, et qu’il la prévenu que son gouvernement observerait de près les prochains pas de Pékin, du coronavirus à Hong Kong jusqu’aux tensions avec l’Inde.

A l’évidence, cette rencontre n’a pas permis d’apaiser les tensions extrêmes entre Washington et Pékin. (AFP)

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