• ven. Juil 1st, 2022

Belgique: Engie demande au gouvernement de l’aider à payer la prolongation des réacteurs nucléaires

Dans une lettre adressée au Premier ministre Alexander De Croo, le groupe énergétique Engie demande au gouvernement fédéral de co-investir dans la prolongation des réacteurs de Doel 4 et Tihange 3 et de participer au financement de l’élimination de déchets nucléaires qui en résulte, a rapporté VRT NWS jeudi matin.

Dans cette missive arrivée sur le bureau du Premier ministre mardi, Catherine MacGregor, CEO d’Engie, énumère un certain nombre de points à l’agenda des négociations menées avec le gouvernement fédéral. Engie estime, par exemple, que le démantèlement des cinq réacteurs nucléaires les plus anciens et les investissements supplémentaires dans Doel 4 et Tihange 3 comportent des risques financiers trop importants. Étant donné que les prix de l’électricité ne resteront peut-être pas aussi élevés qu’aujourd’hui, le revenu des centrales prolongées est incertain, selon le groupe industriel.

Engie veut partager le risque et demande que le gouvernement fédéral, en plus de payer les coûts de la prolongation des centrales, devienne également un coopérateur des deux réacteurs nucléaires en question. Cela signifie que le gouvernement participerait à tous les bénéfices et à toutes les pertes. En tant que copropriétaire, le gouvernement devrait également payer une partie de l’élimination des déchets nucléaires générés en surplus, indique la CEO.

De Croo appelle les partis à prendre leurs « responsabilités historiques »

Le Premier ministre Alexander De Croo a réagi et appelé chacun à prendre « ses responsabilités historiques » dans le dossier de la prolongation de deux réacteurs nucléaire. Il n’a toutefois pas fait de commentaire sur les discussions en cours avec Engie qu’il veut mener dans la « discrétion ».

« Des négociations comme celles-là, il faut les mener avec sang froid et dans le respect des responsabilités de chacun, y compris les responsabilités historiques. Il faut le faire d’une manière retenue et avec une certaine discrétion », a-t-il expliqué à la tribune de la Chambre.

« Notre volonté est de trouver un accord. Pour nous, il y a une seule priorité, ce sont les intérêts de la Belgique et de ses citoyens », a-t-il ajouté.

L’appel aux responsabilités visait notamment les partis qui se trouvaient au gouvernement sous la législature précédente, dont la N-VA aujourd’hui dans l’opposition et très critique sur la façon dont le dossier est géré. En 2003, le gouvernement Verhofstadt a décidé d’arrêter le nucléaire en 2025 et le gouvernement Michel a confirmé ce choix en 2015.

Un gouvernement en « position d’extrême faiblesse » selon Les Engagés

Le coût du démantèlement du nucléaire est estimé à 41 milliards d’euros. Il est en principe à charge de l’exploitant, Engie-Electrabel, qui a constitué des provisions. « Votre gouvernement n’a pas signé pour prendre en charge une facture de 41 milliards d’euros […] Il est hors de question que le contribuable belge paie pour la facture des déchets nucléaires », a rappelé Samuel Cogolati (Ecolo-Groen).

L’issue des négociations demeure incertaine. Marie-Christine Marghem (MR), ministre de l’Énergie sous la législature précédente, estime que la prolongation des deux réacteurs les plus récents, décidée par le gouvernement actuel, constitue une « obligation de résultat ».

Dans l’opposition, Thierry Warmoes (PTB) a invité le Premier ministre à renvoyer le courrier à son expéditeur. « Engie passera quatre fois à la caisse. Les gains, c’est pour le privé, les coûts pour le public », a-t-il lancé. Les Engagés ont exprimé leur crainte face à un gouvernement en « position d’extrême faiblesse » devant le groupe français. Selon Georges Dallemagne, celle-ci est due autant à la « procrastination » du gouvernement actuel qu’au gouvernement précédent « qui n’a rien fait pendant 5 ans ». (Belga & RTBF)

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