Festival de Cannes: Palme d’or attribuée à « Une affaire de famille »

La 71e édition du Festival de Cannes s’est terminée le 19 mai avec la victoire de « Une affaire de famille » du Japonais Hirokazu Kore-eda, lauréat de la Palme d’or 2018. Découvrir les dates de sortie et les bandes-annonces des principaux films du Festival de Cannes 2018.


Après dix jours de projections et les sempiternelles spéculations, la 71e édition du Festival de Cannes a rendu son verdict. Une affaire de famille, du réalisateur japonais Hirokazu Kore-eda, succède à The Square, du Suédois Ruben Östlund. La soirée a débuté par une prise de parole de l’actrice italienne Asia Argento, une des accusatrices d’Harvey Weinstein, qui a affirmé que le producteur américain, accusé de viols et d’agressions sexuelles, ne serait « plus le bienvenu » sur la Croisette.

Le réalisateur franco-suisse Jean-Luc Godard, qui présentait Le Livre d’image, a pour sa part été récompensé d’une Palme d’or spéciale « à un artiste qui fait avancer le cinéma », qui « a repoussé les limites, qui cherche sans arrêt à définir et à redéfinir le cinéma », a expliqué Cate Blanchett.

Première Palme d’or japonaise depuis L’Anguille, de Shohei Imamura, en 1997, Une affaire de famille, qui a ému la Croisette, raconte l’histoire d’une famille qui vivote et chaparde dans les magasins et recueille une fillette maltraitée. « À chaque fois que je viens ici, que je suis invité au Festival de Cannes, je me dis que c’est vraiment un endroit où l’on reçoit beaucoup de courage », a souligné Hirokazu Kore-eda en recevant son prix.

«Je ressens aussi de l’espoir, l’espoir peut-être que, grâce au cinéma, les gens qui habituellement s’affrontent, les mondes, les pays qui s’affrontent peuvent peut-être se rejoindre. Je vais donc accepter, recevoir ce courage et cet espoir que j’ai reçus ici», a-t-il ajouté.

Le Grand Prix pour Spike Lee

L’Américain Spike Lee a été récompensé par le Grand Prix pour BlacKkKlansman, polar aux allures de pamphlet contre le racisme, inspiré de l’histoire vraie d’un policier afro-américain qui a infiltré le Ku Klux Klan en 1978.

Dans un palmarès qui a distingué deux des trois réalisatrices en compétition, la Libanaise Nadine Labaki a reçu le prix du jury pour Capharnaüm, un film sur l’enfance abandonnée à travers l’histoire d’un gamin laissé pour compte qui attaque ses parents pour lui avoir donné la vie.

En recevant son prix, la cinéaste a lancé un vibrant appel à « ne plus continuer à tourner le dos et rester aveugle à la souffrance de ces enfants qui se débattent comme ils peuvent dans ce capharnaüm qu’est devenu le monde ». « Je voudrais vous inviter à réfléchir, parce que l’enfance mal aimée est à la base du mal dans le monde », a-t-elle ajouté.

Le prix d’interprétation masculine est revenu à l’acteur italien Marcello Fonte pour son interprétation d’un toiletteur pour chiens dans Dogman, de son compatriote Matteo Garrone. Le prix d’interprétation féminine a été reçu par l’actrice kazakhe Samal Esljamova pour son rôle de réfugiée kirghize poussée aux dernières extrémités pour survivre dans Ayka, de Sergueï Dvortsevoï.

La compétition, si elle est saluée par certains, s’est aussi attiré des critiques. Alors que les sections parallèles ont fourmillé de découvertes. Pour le journal français Le Figaro, «Cannes descend d’une marche», avec des «films décevants» et une «absence de stars américaines». Le magazine américain Hollywood Reporter a carrément jugé le festival «sur le déclin», du fait notamment d’un manque de stars et de films américains (seulement deux en compétition).

Projection du film maudit

Pour d’autres, cependant, comme Vanity Fair, Cannes « s’est réaffirmé comme la première destination pour un cinéma international audacieux et provocateur », tandis que, souligne le site américain Vox, les femmes ont fait « le plus gros buzz en dehors des salles ». Cette année, les femmes ont en effet été visibles comme rarement. Avec une image forte : cette montée des marches de 82 femmes du 7e art pour « l’égalité salariale ».

Si la Palme est décernée, les festivités ne sont pas terminées. Le clap de fin sera donné par la projection de L’homme qui tua Don Quichotte, de Terry Gilliam, longtemps considéré comme un film maudit, qui sortait également en salle. (AFP)

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