Le Premier ministre portugais Antonio Costa a prévenu mardi que son gouvernement « ne donnera aucune autorisation » à Altice pour licencier quelque 3.000 salariés de Portugal Telecom, projet évoqué dans la presse locale et démenti par le groupe français.
« Le gouvernement ne donnera aucune autorisation pour des licenciements de ce genre. Rien ne le justifie. Il paraît d’ailleurs qu’il y a eu un démenti de la part du PDG d’Altice », a-t-il déclaré devant le Parlement.
M. Costa était interrogé par une députée sur un article paru samedi dans l’hebdomadaire Expresso selon lequel Altice avait sondé le gouvernement sur la possibilité d’obtenir un statut d' »entreprise en restructuration » afin de se séparer d’un tiers des 9.500 salariés de Portugal Telecom.
Groupe propriété du milliardaire franco-israélien Patrick Drahi, Altice avait annoncé en décembre 2014 le rachat de Portugal Telecom au brésilien Oi pour 7,4 milliards d’euros.
Un porte-parole du groupe Altice a démenti mardi depuis New York « tout plan de licenciement collectif » et a réaffirmé l’importance de Portugal Telecom pour le groupe, notamment en matière de réseaux mobiles et déploiement de la fibre.
« Le coeur de la R&D du groupe est au Portugal. C’est un actif majeur pour Altice, » a-t-il ajouté.
Depuis l’arrivée d’Altice aux commandes de Portugal Telecom, environ un millier de salariés ont quitté l’entreprise dans le cadre d’un plan de départs volontaires, selon l’Expresso.
« Altice veut mettre en place une cure d’amaigrissement agressive pour Portugal Telecom et a déjà contacté le gouvernement de manière informelle en ce sens », écrit le journal.
La Commission européenne avait accusé jeudi Altice d’avoir enfreint les règles de l’UE en procédant sans avoir attendu son feu vert à l’achat de Portugal Telecom, ce que le groupe a aussitôt contesté.
L’entreprise a annoncé mardi à New York son intention de créer une marque unique, Altice, pour tous ses actifs, dont l’opérateur télécoms français SFR, pour mieux poursuivre sa politique d’acquisitions et de chasse aux coûts. (AFP)


