Dépression: les Etats-Unis approuvent la commercialisation d’un nouvel antidépresseur

L’agence américaine du médicament a donné son feu vert à la commercialisation de l’eskétamine, une molécule qui pourra être prescrite aux personnes souffrant de dépression résistante aux traitements classiques.

Aux États-Unis, les personnes souffrant de dépression résistante aux traitements classiques auront bientôt accès à l’eskétamine, un nouveau médicament sous forme de spray nasal.

Mardi 5 mars, l’agence américaine du médicament (FDA) a donné son feu vert à la vente de cette molécule qui doit soulager des adultes dont la dépression est insensible aux molécules actuellement disponibles, comme le Prozac par exemple. Pour l’heure, ce médicament n’est pas autorisé en France.

Le nouveau médicament, produit par le laboratoire pharmaceutique Janssen, sera commercialisé aux États-Unis sous le nom de Spravato. Il ne pourra être prescrit qu’aux personnes souffrant de dépression résistante aux traitements traditionnels, chez qui au moins deux traitements se montrent inefficaces.
On estime qu’environ un tiers des personnes dépressives pourrait être concerné.

Longtemps utilisée comme anesthésiant en médecine vétérinaire puis chez l’être humain, la kétamine a ensuite été détournée par les milieux festifs pour ses propriétés euphorisantes.

Sa particularité est d’agir beaucoup plus vite que n’importe quel antidépresseur classique (quelques heures contre quatre à six semaines). Une rapidité que la molécule doit à son mode d’action singulier, très différent de celui des traitements conventionnels.

«C’est une évolution majeure dans le traitement de la dépression», souligne le Dr Pierre de Maricourt, chef de service de l’hôpital Sainte-Anne à Paris, qui a participé à deux des essais cliniques de phase 3 financés par Janssen.

Ils impliquaient des patients atteints de dépression résistante aux traitements habituels ainsi que des personnes à risque imminent de suicide.

Des effets secondaires possibles

La prescription d’eskétamine devra faire l’objet d’une surveillance médicale étroite, en raison de possibles effets secondaires.
En effet, cette molécule, parfois surnommée «Special K», «Kit Kat» ou encore «vitamine K», est utilisée comme une drogue euphorisante qui intensifie les perceptions sensorielles et peut aussi mener à un sentiment de dissociation, de sortie de son propre corps.

Selon le laboratoire Janssen, cet effet a été observé pendant les tests cliniques moins d’une heure après la prise du médicament, quand les patients étaient encore sous surveillance des équipes médicales, et il se dissipe le même jour.

Pour cette raison, «ce sera a priori un traitement à délivrance hospitalière en raison de la nécessité d’une surveillance du patient dans l’heure qui suit l’administration du médicament. On ne le prend pas tous les jours et pas à la maison», explique le Dr de Maricourt.

Le médicament pourra être inhalé une ou deux fois par semaine, d’après le laboratoire, qui indique aussi que le risque d’addiction, également évoqué, n’a pas été mis en évidence par les résultats des essais cliniques.

Kim Witczak, qui représente les consommateurs dans le panel de la FDA et qui dénonce les effets secondaires d’antidépresseurs, a voté contre l’autorisation de mise sur le marché. Elle estime que Janssen a précipité la mise sur le marché de l’eskétamine.

«Je ne peux pas voter pour quelque chose dont les bénéfices ne compensent pas largement et de façon démontrable les risques potentiels, comme la sédation, la dissociation ou encore la perte de cognition ou de mémoire, en particulier au regard des résultats cliniques extrêmement limités.»

En octobre 2018, le laboratoire a également déposé une demande de mise sur le marché auprès de l’Agence européenne des médicaments. (AFP)

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