• ven. Mai 20th, 2022

La propagation d’Omicron au coeur du sommet des Vingt-Sept

La difficile coordination face à la progression du variant Omicron est au coeur du sommet des dirigeants des Vingt-Sept jeudi à Bruxelles, qui entendent aussi faire front commun pour dissuader la Russie d’une attaque contre l’Ukraine.

Face à la menace d’un nouveau conflit entre Moscou et Kiev, la Commission européenne a préparé un paquet d’options de sanctions supplémentaires en cas d’agression russe, sans vouloir les dévoiler.

« Nous sommes prêts (…) Le coût à payer par la Russie sera très élevé et il y aura des conséquences graves », avait assuré mercredi soir la présidente de l’exécutif européen, Ursula von der Leyen.

La question sera débattue lors d’un déjeuner, lors duquel les leaders seront invités à se défaire de leur téléphone, par souci de confidentialité.

« Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour éviter le pire scénario (…) Nous disposons de suffisamment d’outils pour mettre un terme au comportement agressif de la Russie », a estimé le président lituanien, Gitanas Nauseda, à son arrivée, évoquant des « sanctions sectorielles et aussi économiques ».

« Nous allons réaffirmer que l’inviolabilité des frontières est l’un des fondements essentiels de la paix en Europe et que tous ensemble nous ferons tout pour la préserver », a assuré le chancelier allemand Olaf Scholz.

Sur le front de la pandémie, l’inquiétude autour de la propagation du nouveau variant Omicron, très contagieux, à l’approche des fêtes de fin d’année occupera les premiers échanges des chefs d’Etat et de gouvernement.

Omicron pourrait devenir dominant en Europe d’ici mi-janvier, selon la Commission.

Les dirigeants devraient souligner l’importance d’étendre encore la vaccination, et notamment l’administration des doses de rappel. Quelque 67 % de la population européenne est pleinement vaccinée mais ce taux est inférieur à 50 % dans trois pays (Bulgarie, Roumanie, Slovaquie), la Croatie étant pour sa part à peine au-dessus (50,4 %).

La question de la vaccination obligatoire, que se préparent à imposer l’Autriche et l’Allemagne, devrait être abordée, même si le sujet relève du choix de chaque Etat membre, et non de l’UE. Cette option doit être prise en « dernier ressort absolu », pour l’OMS.

Vaccin et test

Si la vaccination reste « clé », elle « ne suffira pas » à elle toute seule à empêcher les transmissions et à alléger le fardeau sur les systèmes de santé, a toutefois averti mercredi l’agence européenne chargée des épidémies, préconisant la réintroduction rapide de mesures telles que le télétravail, le port du masque, la limitation de l’affluence dans les transports et les espaces publics…

Côté voyages, le variant a déjà mis à mal le certificat sanitaire européen mis en place par l’UE cet été pour permettre aux Européens de se déplacer le plus librement possible dans le bloc, sans se voir imposer de test ou de quarantaine.

Certains pays comme l’Irlande, le Portugal, l’Italie et la Grèce imposent désormais aux voyageurs européens, même vaccinés, de présenter un test négatif pour pouvoir entrer sur leur territoire.

La Commission européenne a rappelé à Rome la nécessité de prévenir ses partenaires de telles mesures, soulignant qu’elles devaient être « proportionnées » et d’une durée la plus courte possible.

Mais même si les Etats membres conviennent de la nécessité d’améliorer la coordination pour préserver le fonctionnement du marché intérieur et ne pas trop entraver la liberté de circulation, ces restrictions relèvent de leurs compétences nationales.

Le débat portera ensuite sur la crise de l’énergie, sur fond d’envolée des prix, même si aucune décision concrète n’est attendue. La réponse à apporter divise les pays, certains comme la France et l’Espagne, plaidant pour une réforme du marché européen de l’électricité tandis qu’une majorité d’Etats y restent réticents, estimant la crise conjoncturelle et jugeant plus efficaces les dispositifs nationaux de soutien aux consommateurs.

Autre sujet au programme, la migration, avec l’afflux récent de réfugiés aux frontières de trois pays européens que le Bélarus est accusé d’avoir orchestré, et plus globalement la volonté des Vingt-Sept de limiter les flux migratoires.

Les dirigeants veulent la mise en oeuvre « sans délai » de plans d’action avec une série de pays d’origine et de transit des migrants, et appellent la Commission à s’assurer que les « financements nécessaires sont mobilisés », selon une version provisoire des conclusions.

Le dîner sera consacré à un débat, en présence de la présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde, sur la situation économique en Europe et sur l’impact possible du nouveau variant sur la reprise.

Le chef de l’Etat français Emmanuel Macron, dont le pays prendra la présidence semestrielle de l’UE au 1er janvier et qui prévoit d’organiser un sommet en mars pour « définir un nouveau modèle de croissance européen », devrait s’exprimer sur ses ambitions. (AFP)

» Connectez-vous à Facebook pour pouvoir commenter

Show Buttons
Hide Buttons