L’Europe ne sanctionnera pas l’Espagne et le Portugal malgré leurs dérapages budgétaires. Soulagement à Madrid et Lisbonne.
La Commission européenne a renoncé mercredi à infliger des amendes à l’Espagne et au Portugal à cause de leur dérapage budgétaire, des sanctions qui auraient été une première dans une Europe ébranlée par le Brexit.
« Le collège (des 28 commissaires européens, ndlr) s’est mis d’accord aujourd’hui pour annuler les amendes pour les deux pays », a déclaré le vice-président de la Commission européenne chargé de l’euro, Valdis Dombrovskis, lors d’une conférence de presse à Bruxelles.
La Commission européenne estime que le Portugal doit disposer d’une année supplémentaire et l’Espagne de deux années de plus pour ramener leur déficit sous la barre des 3%. « Des sanctions même symboliques n’auraient pas permis de corriger le passé et n’auraient pas été comprises par les peuples », a expliqué le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici.
Ce dernier a également estimé qu’infliger des amendes n’était pas la meilleure approche au moment où l’Europe est en proie au doute à la suite du vote en faveur du Brexit.
Théoriquement, les amendes auraient pu atteindre au maximum 0,2% du PIB de chacun de ces deux pays. La recommandation de la Commission présentée mercredi devra ensuite être entérinée par les ministres de la zone euro.
Menaces de Lisbonne
En 2015, le déficit public espagnol a atteint 5,1% du PIB, bien au-delà des clous du pacte de stabilité (3% du PIB) et des objectifs que lui avait fixé la Commission de 4,2%. Quant au Portugal, il avait affiché un déficit public de 4,4% du PIB l’an passé alors que l’objectif fixé était de repasser sous les 3%.
Outre ces amendes, la Commission européenne est dans l’obligation de proposer une suspension totale ou partielle des engagements des fonds structurels, qui peut aller jusqu’à 0,5% du PIB ou jusqu’à 50% des engagements pour 2017 dans ces deux pays.
Le Premier ministre socialiste portugais Antonio Costa avait indiqué dans la matinée que Lisbonne contesterait devant la justice les éventuelles sanctions qui pourraient être proposées, arguant que « contrairement à ce qu’ils disent (à Bruxelles), il y a eu une action effective du Portugal pour réduire le déficit, il suffit de regarder ce qui s’est passé entre 2011 et 2015 ». (AFP)



