Brexit: Theresa May sur le gril face aux 27 pour sortir de l’impasse

L’UE croit toujours à la possibilité d’un « bon accord » sur le Brexit et attend de pied ferme Theresa May, prête à aider la Britannique si elle présente des propositions « créatives » pour sortir de l’impasse.

Afin de débloquer les négociations actuellement dans l’impasse, l’une des options serait d’accepter de prolonger d’un an, soit jusqu’au 31 décembre 2021, la période de transition, ont indiqué deux sources diplomatiques à l’AFP.

A quelques heures du sommet, la chancelière allemande Angela Merkel a affirmé que « les chances pour arriver à un accord de sortie à la fois bon et viable sont toujours là ».

L’idée d’une prolongation de la période de transition –sur laquelle les services de M. Barnier ont refusé tout commentaire, permettrait de donner plus de temps pour tenter de résoudre la question de la frontière entre l’Irlande et la province britannique d’Irlande du Nord, principale pierre d’achoppement des discussions.

« Ce que Michel Barnier a indiqué très clairement, c’est que la partie européenne est prête à donner plus de temps durant la période de transition pour trouver une solution alternative » à celle qui est actuellement sur la table, a commenté sur la BBC le ministre irlandais des Affaires étrangères Simon Coveney.

Pas de solution miracle

« Ce n’est pas une solution en tant que telle. Ça ne va pas résoudre miraculeusement le problème » de la frontière, a cependant nuancé un autre diplomate européen. « Il a simplement dit que dans les différentes hypothèses, celle-là a été avancée. »

Pour un autre de ses collègues, toujours sous couvert d’anonymat, cette proposition « n’est pas vraiment sur la table des deux négociateurs ». Elle pose en outre un problème politique pour le Royaume-Uni qui devra respecter les règles de l’UE alors qu’il n’aura plus voix au chapitre.

Theresa May est attendue en fin d’après-midi à Bruxelles pour une intervention devant les dirigeants de l’Union européenne, avant que ces derniers ne se retrouvent entre eux pour un dîner à 27.

Ce sommet était initialement présenté comme un « moment de vérité » à moins de six mois du départ du Royaume-Uni, prévu le 29 mars 2019.

Mais les dernières discussions entre l’UE et Londres sont restées vaines, butant principalement sur la solution qui permettrait d’éviter le retour d’une frontière physique entre l’Irlande et l’Irlande du Nord, afin de sauvegarder les Accords de paix de 1998.

Selon Mme May, qui intervenait mercredi matin devant le Parlement britannique, « la finalité du +filet de sécurité+ (sur l’Irlande) est de combler l’écart entre la fin de la période de transition et la mise en place de la relation future ».

Le Royaume-Uni propose de rester aligné sur les règles douanières de l’Union jusqu’à la signature d’un accord de libre-échange plus large, afin d’éviter le contrôle de marchandises aux frontières.

Prolonger la période de transition permettrait de gagner du temps pour négocier cet accord commercial et affiner le dispositif du « filet de sécurité » sur la frontière irlandaise, afin de le faire accepter par tous les protagonistes.

Pour un haut fonctionnaire européen, cette option « n’a de sens » que si les Britanniques acceptent les conditions proposées par l’UE sur un maintien de l’Irlande du Nord dans l’union douanière.

Mme May de son côté répété à Londres que son pays n’accepterait « aucune proposition qui aurait pour effet de disloquer le Royaume-Uni ».

Menace d’un « no deal »

Pour l’UE, la nouvelle impulsion doit venir de Theresa May.

Le président du Conseil européen Donald Tusk avait indiqué mardi qu’il demanderait à la dirigeantes britannique des propositions « concrètes » et « créatives » pour sortir de l’impasse.

« Nous avons besoin de quelque chose de frais », « une nouvelle méthode de penser », avait lancé le responsable polonais qui doit rencontrer Mme May à 17H45 (15H45 GMT). Cette dernière a également rendez-vous avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

Mme May « est impatiente d’avoir une discussion en face à face avec (Donald Tusk) à Bruxelles », mais elle a déjà « fait connaître sa position », avait répondu mardi le porte-parole de la dirigeante britannique.

Mise sous pression par une opposition à l’intérieur même de son parti, Mme May dispose d’une marge de manoeuvre très réduite.

Dans son invitation aux chefs d’Etat et de gouvernement publiée lundi soir, Donald Tusk a estimé le scénario d’une absence d’accord « plus probable que jamais ». Il appelait à accélérer les préparatifs pour faire face à cette éventualité, sans se laisser distraire dans les efforts pour obtenir un accord.

« Il faut plus de temps pour trouver un accord global (…) Nous allons prendre ce temps calmement, sérieusement, pour trouver cet accord global dans les prochaines semaines », avait pour sa part expliqué Michel Barnier mardi.

Au moment même où les 28 chefs d’Etat et de gouvernement sont en passe de se retrouver à Bruxelles, des centaines de policiers se sont déclarés malades pour exprimer leur ras-le-bol sur leurs conditions de travail.

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