Le Fonds monétaire international (FMI) a recommandé au Portugal, sous assistance financière, de diminuer le nombre des fonctionnaires, tout en réduisant leurs salaires et leurs retraites afin de réaliser des économies de 4 milliards d’euros, a révélé mercredi un quotidien portugais.
Ces recommandations, dévoilées par le Jornal de negocios, doivent contribuer au projet du Premier ministre du parti PSD, Pedro Passos Coelho, de réduire en deux ans (2013-2014) les dépenses publiques de 4 milliards d’euros grâce à une « réforme de l’Etat » annoncée en octobre dernier.
Le gouvernement avait alors sollicité l’expertise du FMI et de la Banque mondiale pour mettre au point cette réforme, que le Premier ministre souhaite voir précédée d’un grand débat national.
Le Portugal bénéficie d’un plan de sauvetage international de 78 milliards d’euros, accordé pour trois ans en mai 2011 par le FMI et l’Union européenne.
Dans son rapport, élaboré avec la Banque mondiale et la Commission européenne, le FMI recommande notamment de réduire de 20% le nombre des quelque 700.000 fonctionnaires portugais, ce qui devrait permettre d’économiser 2,7 milliards d’euros tandis qu’une diminution de 7% de leurs salaires aboutirait à des économies de 760 millions d’euros.
Ces propositions ont aussitôt provoqué un flot de critiques, en particulier des syndicats, et le gouvernement s’est empressé d’affirmer qu’il s’agissait « de suggestions et non pas de décisions ».
« C’est une attaque sans précédent » contre les fonctions sociales de l’Etat, a estimé notamment Arménio Carlos, chef de la CGTP, le principal syndicat. « Les conclusions du rapport sont absolument inacceptables », a renchéri João Proença, secrétaire général de l’UGT, deuxième confédération du pays.
Le FMI propose également d’augmenter l’âge de départ à la retraite et de donner au gouvernement la possibilité de revoir le montant des pensions en fonction des nécessités budgétaires.
D’une manière générale, selon le FMI, le système de protection sociale portugais est « trop dispendieux » tandis que les allocations chômage sont « trop élevées » et accordées pendant « trop longtemps ».
Les propositions du FMI interviennent alors que le gouvernement a déjà mis en oeuvre de strictes mesures d’austérité, très impopulaires, avec pour objectif de ramener le déficit budgétaire à 5% en 2012 et à 4,5% en 2013.
Il a ainsi mis au point pour cette année un budget d’une rigueur sans précédent afin de réaliser des économies de 5,3 milliards d’euros financées à 80% par des hausses d’impôts.
Ce budget a déjà donné lieu à une vague de protestations tandis que le président conservateur Anibal Cavaco Silva et l’opposition de gauche ont saisi la Cour constitutionnelle pour qu’elle se prononce sur la légalité de certaines de ses dispositions. (AFP)




