• 29 avril 2026

Agriculture : le pacte pour faciliter les installations et les « transitions écologiques »

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Le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau a présenté un pacte d’orientation pour le renouvellement des générations en agriculture, destiné à faciliter le remplacement des nombreux exploitants partant bientôt à la retraite et les transitions face au changement climatique.

Résultat d’une consultation lancée fin 2022, le Pacte prévoit aussi bien des visites d’écoliers dans les fermes que la création d’un guichet unique pour les agriculteurs souhaitant s’installer ou des mesures accélérant la construction de bâtiments d’élevage.

Il doit se décliner dans un « projet de loi d’orientation et d’avenir » pour l’agriculture, censé être examiné au Parlement au premier trimestre, mais aussi dans des mesures réglementaires et budgétaires.

« La souveraineté (alimentaire), c’est l’objectif premier de ce Pacte », a résumé le ministre depuis le lycée agricole d’Yvetot en Seine-Maritime.

« Il nous faut aujourd’hui relever deux défis urgents (…): le défi démographique et le défi climatique », a-t-il ajouté.

Entre un tiers et la moitié des agriculteurs vont partir à la retraite d’ici 10 ans, fait valoir le ministère.

Dans le même temps, ils doivent continuer à produire en quantité et en qualité suffisantes sous les nouvelles contraintes climatiques tout en participant aux transitions écologiques.

Le Pacte comprend quatre axes.

Le premier vise à réconcilier l’agriculture et la société en facilitant par exemple la découverte des métiers du vivant via la découverte de fermes par des visites d’écoliers ou des stages de collégiens et lycéens.

Le gouvernement veut aussi renforcer la confiance des consommateurs dans l’alimentation en augmentant le nombre d’inspections de sécurité sanitaire.

Le deuxième axe veut « faire émerger une nouvelle génération d’agriculteurs à l’avant-garde des transitions écologiques » avec notamment l’intervention dans l’enseignement agricole d’experts dans des domaines-clé comme l’hydraulique ou la robotique et de nouveaux outils de formation continue.

Le troisième axe « a vocation à reconcevoir les systèmes de production à l’échelle des exploitations » avec l’accompagnement des agriculteurs souhaitant s’installer ou portant un projet de transition écologique.

Il passera principalement par la création de France Services Agriculture, une structure devant servir de guichet unique pour accéder aux divers services de conseil et de formation.

Cet axe inclut également le déploiement dès 2024 d’un fonds de garantie devant faciliter l’octroi de deux milliards d’euros de prêts, déjà annoncé.

Les agriculteurs partant à la retraire seront aussi incités, via des outils fiscaux, à transmettre leur exploitation à un repreneur plutôt qu’à un collègue souhaitant s’agrandir.

Le quatrième axe du pacte vise à reconcevoir les systèmes de production mais cette fois-ci à l’échelle des filières et des territoires.

Le gouvernement souhaite par exemple faciliter des projets de bâtiments d’élevage ou de stockage de l’eau en accélérant le traitement des éventuels contentieux, le ministère envisageant une « présomption d’urgence » et la suppression d’un niveau de juridiction administrative.

L’axe prévoit aussi un fonds – de 180 millions d’euros en 2024 puis 200 millions en 2025 et 2026 -, pour accompagner la restructuration d’une filière devant se transformer face au changement climatique.

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