Brexit: Theresa May demande aux députés de « garder leur sang-froid »

Theresa May s’est dite convaincue qu’un accord de sortie de l’Union européenne acceptable pour le Parlement britannique peut être conclu avant la date prévue du Brexit, le 29 mars.

La Première ministre, qui s’exprimait à la Chambre des communes, a de nouveau exclu le maintien d’une union douanière avec les Vingt-Sept, souhaitée par le Parti travailliste.

« Les discussions (avec l’UE) sont entrées dans une phase cruciale », a-t-elle déclaré. « Nous devons désormais tous garder notre sang-froid pour obtenir les changements que cette Chambre a requis et réaliser le Brexit dans les délais. ».

« En protégeant et en renforçant les droits des travailleurs et la protection de l’environnement et en renforçant le rôle du Parlement dans la prochaine phase des négociations, je pense que nous pouvons parvenir à un accord que cette Assemblée peut soutenir. »

La Chambre des communes a massivement rejeté le 15 janvier l’accord que Theresa May avait conclu avec l’UE à l’automne dernier. Les parlementaires ont chargé la Première ministre de renégocier le Withdrawal Bill, ce que Bruxelles refuse pour l’heure, acceptant seulement de revoir la déclaration politique qui l’accompagne.

Theresa May insiste auprès de l’UE pour modifier le « backstop », le filet de sécurité censé garantir le non-rétablissement d’une frontière entre Irlande et Irlande du Nord. L’Accord de retrait précise que le Royaume-Uni restera dans l’union douanière jusqu’à ce que d’autres arrangements soient trouvés pour éviter le rétablissement d’une frontière physique.

ENTRETIEN « CONSTRUCTIF » ENTRE BARNIER ET BARCLAY

« En obtenant les changements nécessaires sur le backstop, en protégeant et en renforçant les droits des travailleurs et les normes environnementales, en renforçant le rôle du Parlement lors de la prochaine phase de négociations, je suis persuadée que nous pourrons parvenir à un accord soutenu par cette Chambre », a ajouté Theresa May.

D’après un porte-parole du gouvernement britannique, le négociateur européen Michel Barnier et le ministre britannique chargé du Brexit, Stephen Barclay, ont eu un entretien « constructif », lundi soir à Bruxelles.

Les deux hommes se sont rencontrés « pour discuter des prochaines étapes de la rupture entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, et pour examiner s’il est possible de trouver une solution acceptable à la fois pour le Parlement britannique et l’Union européenne », a-t-il précisé, ajoutant qu’ils se rencontreraient à nouveau dans les jours qui viennent.

Le négociateur en chef de l’UE a indiqué que Bruxelles serait d’accord pour amender la déclaration politique accompagnant l’Accord de retrait afin de refléter l’idée de relations futures plus étroites entre Londres et l’UE, ce qui pourrait rendre le backstop obsolète.

« Il est clair de notre point de vue que nous n’allons pas rouvrir l’Accord de retrait mais nous allons poursuivre la discussion au cours des jours qui viennent », a dit Michel Barnier.

Selon la ministre britannique des Relations avec le Parlement, Andrea Leadsom, les députés pourraient soutenir l’accord négocié par Theresa May s’ils obtiennent l’assurance que le backstop sera limité dans le temps ou que le Royaume-Uni sera autorisé à l’abandonner.

« NE PAS ÊTRE TENU INDÉFINIMENT PAR LE BACKSTOP »

« Le principal est de s’assurer que le Royaume-Uni ne peut pas être tenu indéfiniment par le backstop. Il n’y pas besoin d’être puriste sur la manière dont on y parviendra », a-t-elle dit à la BBC.

A 45 jours du Brexit, prévu le 29 mars à 23h00 GMT, aucune date n’a encore été fixée pour un nouveau vote des Communes sur l’accord négocié par Theresa May. Le Parlement doit encore débattre du Brexit jeudi.

Theresa May a précisé qu’elle rendrait compte aux députés le 26 février de l’évolution des discussions, si aucun accord n’est conclu d’ici là avec Bruxelles, ce qui permettra au Parlement de donner le lendemain son avis sur la situation.

Dans un communiqué diffusé à l’issue du conseil des ministres, une porte-parole de Theresa May a confirmé qu’elle avait encore besoin « d’un peu plus de temps » pour conclure ses discussions avec l’UE et qu’elle ne soumettrait pas cette semaine de nouveau projet d’accord à un vote des Communes.

Andrea Leadsom a rejeté l’idée que la Première ministre jouerait la montre. Elle a assuré que la législation nécessaire pour assurer un retrait en douceur du Royaume-Uni de l’UE serait adoptée en temps et en heure.

A Westminster, le travailliste Jeremy Corbyn, chef de file de l’opposition, a pourtant accusé Theresa May d' »avoir une seule véritable tactique: chercher à gagner du temps dans l’espoir que les membres de la Chambre céderont au chantage et appuieront un accord plus qu’imparfait ».

« C’est un acte irresponsable. C’est jouer avec l’emploi, avec notre sécurité économique et avec l’avenir de notre industrie », a-t-il ajouté. (Reuters)

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