Le port du masque obligatoire en entreprise dès le 1er septembre

Élisabeth Borne, ministre du Travail, a présenté ce les mesures sanitaires susceptibles d’être appliquées dans les entreprises dès septembre.

Dans les entreprises, le port du masque sera de rigueur dès le 1er septembre. Rejoignant les appels récents émis par plusieurs infectiologues, le ministère du Travail annonce, la mise en place du « port du masque systématisé » dans tous les espaces clos et partagés en entreprise.
Cela concerne donc les bureaux collectifs et les « open spaces », mais pas les bureaux individuels.

« Il est nécessaire de systématiser, comme l’a préconisé le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), le port du masque dans tous les espaces de travail qui sont clos et partagés », comme les « salles de réunion, couloirs, vestiaires, open space », a déclaré la ministre Élisabeth Borne à l’issue d’une réunion avec les partenaires sociaux.

Le masque sera à la charge de l’employeur

Après avoir échangé avec le patronat et les syndicats en fin de semaine dernière, la ministre a présenté mardi matin, lors d’une réunion en visioconférence, les mesures susceptibles d’être appliquées à la rentrée.

Le masque, équipement de protection individuel, ne sera pas à la charge du salarié mais de l’employeur. Jusqu’alors, il ne s’agissait que d’une recommandation. Le ministère du Travail encourage également une nouvelle fois les entreprises à favoriser le télétravail.

« Si le port du masque doit être plus systématique, dans quelle condition et comment faut-il porter le masque ? Peut-on réutiliser le même masque ?
Il y a plein de questions auxquelles les pouvoirs publics doivent apporter des réponses », s’inquiétait, mardi, Yves Veyrier, le secrétaire général de FO, sur CNews, juste avant la rencontre. Véronique Martin, de la CGT, pointe aussi des questions « en termes d’organisation du travail, du temps de travail et des locaux de travail ».

La crainte d’une deuxième vague au retour des vacances

Le ministère avait demandé au Haut Conseil de la santé publique de plancher sur les open spaces. La dernière version du protocole de déconfinement en entreprises, guide pratique pour faire face à la crise sanitaire, remonte à début août, mais en réalité la dernière grosse mise à jour date de fin juin. Depuis, les Français qui le peuvent sont partis en vacances et le coronavirus a continué de circuler.

Les indicateurs statistiques de contaminations sont repartis à la hausse et inquiètent autorités sanitaires et gouvernement, qui craignent une deuxième vague susceptible de faire tanguer de nouveau le système hospitalier et l’économie.

Devant les obligations de porter le masque à l’extérieur prises dans certaines villes, comme Paris et Marseille, plusieurs médecins militaient pour qu’il devienne obligatoire dans les espaces clos que sont les entreprises.

Des foyers épidémiques situés en entreprise

Selon les derniers chiffres de Santé publique France, 24 % des « clusters », foyers de contamination, sont situés en entreprise (hors établissements médicaux). « D’après les chiffres qu’on nous a présentés, la moitié des clusters d’entreprises sont des abattoirs ou des exploitations agricoles », a expliqué Michel Beaugas, de FO.

Ainsi, au début de l’été, le coronavirus a circulé parmi les saisonniers agricoles en Provence mais aussi en Mayenne via les abattoirs. Pour les activités de bureau plus traditionnelles, Élisabeth Borne ne voit « pas de raison » de remettre en cause la règle actuelle « imposant un mètre carré par poste de travail, règle établie fin juin, ni d’imposer le masque dans les bureaux individuels ».

Le président de la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises), François Asselin y voit « du bon sens ». « Si vous êtes tout seul dans votre espace de travail, pourquoi vous imposer le port du masque ? Par contre, si vous sortez de votre espace de travail et que vous empruntez un couloir ou une salle de réunion où il y a du monde, ce n’est pas un problème de vous demander de porter un masque. »

L’exécutif est sur « une ligne de crête pas évidente à tenir », dit-il à l’Agence France-Presse, car « il faut avoir un message de sensibilisation » et « en même temps éviter d’envoyer des messages trop anxiogènes qui viendraient gripper l’activité dont tout le monde a besoin ». (AFP)

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