• ven. Avr 23rd, 2021

Portugal: Marcelo Rebelo de Sousa réélu Président de la République

Les Portugais ont reconduit dimanche leur président, Marcelo Rebelo de Sousa de (Droite social démocratie), à l’issue d’un scrutin réalisé en pleine tourmente sanitaire et marqué par une importante percée de la Droite conservatrice (anti-sytème et anti-corruption).

L’actuel chef de l’Etat, un ancien professeur de droit de 72 ans, devenu célèbre en tant que commentateur politique à la télévision, a obtenu 60,7% des voix, selon des résultats partiels portant sur la quasi-totalité des circonscriptions.

L’abstention aux élections présidentielles de dimanche était de 60,6% sur le territoire national, la plus élevé jamais enregistré en matière de suffrages pour le choix du chef de l’Etat.

Dans son discours de victoire, il a promis de faire de la lutte contre la pandémie sa « première priorité », en remerciant les électeurs pour leur « confiance renouvelée dans des conditions tellement plus difficiles » que celles d’il y a cinq ans, lors de sa première élection.

Avec 12,97% des suffrages, l’ex-eurodéputée socialiste Ana Gomes est arrivée en deuxième position, devançant in extremis le candidat de droite conservatrice André Ventura, qui a engrangé 11,9% des voix.

Grâce à ce résultat, le fondateur du parti antisystème « Chega » (« ça suffit ») confirme l’assise de la droite populiste dans un pays qui a connu une longue dictature fasciste, et d’un coup d’état de l’extrême-gauche en 1975, mais semblait jusqu’ici passer à côté d’une mouvance qui a fait des émules ailleurs dans le monde.

Ce juriste de 38 ans avait d’abord créé la surprise en entrant au Parlement lors des élections législatives de fin 2019, avec un score de 1,3%, soit près de 70.000 voix.

Progression de la Droite Conservatrice (anti-sytème et anti-corruption)

« Pour la première fois, un parti ouvertement antisytème et anti-corruption a rompu le champ de la droite traditionnelle, avec près d’un demi-million de voix ».

Il n’a toutefois pas atteint l’objectif qu’il s’était fixé de battre la socialiste Ana Gomes, qui a fait campagne sans le soutien de son parti, ni du Premier ministre Antonio Costa qui le dirige, en promettant de faire barrage à M. André Ventura.

« Si je n’avais pas été candidate, nous aurions encore plus à regretter la progression de la droite anti-sytème », a affirmé cette ancienne diplomate et militante anticorruption âgée de 66 ans.

Le taux d’abstention s’est élevé à 60,6%, un record historique pour une élection présidentielle depuis l’avènement de la démocratie, en 1974.

Mais candidats et analystes redoutaient une participation encore plus faible en raison de l’explosion des cas de coronavirus que connaît actuellement le Portugal, dont les dix millions d’habitants sont soumis depuis une dizaine de jours à un deuxième confinement général.

Selon les données collectées par l’AFP, c’est le pays au monde ayant signalé au cours des deux dernières semaines le plus grand nombre de contagions et de décès par Covid-19 en rapport avec sa population, dépassé seulement par l’enclave britannique de Gibraltar.

Longues files d’attente devant les bureaux de vote

Toute la journée, de nombreux électeurs ont dû faire de longues files d’attente devant les bureaux de vote, en se tenant à distance avant de pouvoir y entrer un par un.

La communauté portugaise de France se plaint d’une «négligence totale» lors des élections.

Après les commerces et les restaurants, le gouvernement s’est résolu à fermer les écoles vendredi, tandis qu’un nouveau record de décès quotidiens a encore été battu dimanche, portant le bilan total depuis le début de la pandémie à près de 10.500 morts.

« Même si c’est important de venir voter alors qu’on est en confinement, cela n’a aucun sens de sortir de la maison et de se regrouper avec des milliers de personnes », a regretté Luis Araujo, un électeur qui a voté dans un école de Lisbonne.

En fin de campagne, le président sortant avait demandé aux électeurs de se mobiliser pour éviter un second tour et « épargner aux Portugais le prolongement de l’élection pendant trois semaines cruciales » pour freiner l’épidémie.

Au cours de son premier mandat, Marcelo Rebelo de Sousa a cohabité sans accroc majeur avec le gouvernement socialiste minoritaire d’Antonio Costa.

Au Portugal, le chef de l’Etat n’a aucun pouvoir exécutif mais joue un rôle d’arbitre en cas de crise politique, et il peut dissoudre le Parlement pour convoquer des élections législatives anticipées.


Qui sont les sept candidats au Palais de Belém ? en savoir plus »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.

Show Buttons
Hide Buttons