Antonio PIRES DE LIMA interviewé par Le Figaro : Le pays, qui a reçu un plan d’aide de 78 milliards d’euros de l’UE et du FMI, sera le deuxième de la zone euro après l’Irlande à s’affranchir de la tutelle internationale. La nette détente des dettes périphériques sur les marchés obligataires pourrait permettre au Portugal de sortir du plan sans filet de sécurité.
Le 17 mai, le Portugal sortira du plan. Nous avons une alternative: une sortie à l’irlandaise sans filet de sécurité ou en négociant une ligne de crédit auprès du mécanisme européen de sauvegarde (MES). Nous choisirons comme l’Irlande la meilleure option au moment opportun. Les deux solutions sont bien pour le pays.
De la vigueur de la reprise. Mieux ira l’économie, plus facile sera la sortie du plan. C’est crucial pour la réputation du pays.
Les entreprises gagnent des parts de marché à l’international. Elles ont compris avec la crise que leur salut vient de l’export. En cinq ans, la part des exportations dans le PIB est passée de 28 à 41%. Le Portugal crée de la richesse dans l’industrie, les services, le tourisme. Les indicateurs de confiance pour les entreprises et les consommateurs se sont améliorés au deuxième semestre.
Il y a des signaux positifs, même si les Portugais, qui ont subi des hausses d’impôts et des coupes de salaires, continuent de souffrir. La consommation des ménages, qui a chuté de 10% en 2012 et 2013, se stabilise depuis l’été dernier.
Le chômage recule. Il est passé entre le premier et troisième trimestre de 15,6% à 17,7%. En 2013, nous avons créé 120.000 emplois nets. La reprise se voit dans la croissance des investissements étrangers. C’est ma première priorité depuis que je suis entré au gouvernement en juillet. Je voyage beaucoup pour cela.
Notre compétitivité. Comme en témoigne le rebond des exportations. Le Portugal est devenu une excellente plateforme pour le développement industriel et les services, en Europe et vers d’autres zones géographiques comme l’Afrique avec l’Angola et le Mozambique ou l’Amérique latine.
Notre principal atout, c’est le capital humain. Nos universités forment d’excellents ingénieurs et techniciens. Nombre d’entreprises françaises investissent: BNP Paribas, Altran, Alstom, Vinci…
Le recul des coûts unitaires du travail – de 5 à 10% en trois ans – aide, mais ce n’est pas le principal facteur. La qualification des personnes, la technologie, le design sont clés sur des secteurs très divers: agro-business, aéronautique, machines et outils, le textile, les chaussures…
Le crédit a progressé de 3 à 5% en 2013 pour les entreprises exportatrices. Nous avons mis en place des instruments de financement et des allégements fiscaux. Il faut poursuivre les réformes et, à l’échelle européenne, concrétiser l’union bancaire pour réduire les effets de distorsion. (Le Figaro)






