Le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a indiqué à Lisbonne que le Portugal pourra si nécessaire bénéficier de plus de temps pour redresser ses finances mais qu’aucune demande en ce sens n’a été formulée pour l’instant.
« Si plus de temps était nécessaire en raison de revers économiques alors cela pourrait être envisagé », a déclaré M. Dijsselbloem lors d’une conférence de presse avec le ministre portugais des finances Vitor Gaspar.
Le président de l’Eurogroupe a toutefois souligné que jusqu’à présent le Portugal n’avait fait aucune demande en ce sens.
L’éventualité d’un nouvel allégement des objectifs budgétaires du Portugal, sous assistance financière depuis 2011, a pris corps après que le Premier ministre Pedro Passos Coelho en ait évoqué récemment la possibilité.
« Il n’est pas exclu qu’il soit nécessaire pour le gouvernement de demander un assouplissement supplémentaire pour 2014 », a déclaré M. Passos Coelho vendredi dernier lors d’un débat au Parlement.
Le Portugal a déjà bénéficié de deux révisions de ses objectifs budgétaires, en septembre puis en mars derniers. Il s’est engagé devant la « troïka » (UE-BCE-FMI) représentant ses créanciers à ramener cette année le déficit public à 5,5% du PIB puis à 4% l’année prochaine avant de revenir en 2015 dans les limites de 3% fixées par Bruxelles.
Le Portugal, qui a obtenu il y a deux ans un plan de sauvetage de 78 milliards d’euros en échange de la mise en oeuvre de mesures d’austérité pour assainir ses finances, a plongé dans une grave crise. Son économie doit reculer de 2,3% cette année tandis que le chômage doit atteindre le taux record de 18,2%, selon les prévisions officielles.
M. Dijsselbloem a réaffirmé que l’Eurogroupe « était prêt à aider le Portugal si nécessaire », tandis que le ministre portugais, qui s’exprimait tantôt en anglais tantôt en portugais, a indiqué qu’une révision des objectifs ne serait réclamée que si « les circonstances économiques » l’exigeaient.





