
L’agence de notation a maintenu la note de la dette portugaise à long terme, à BB, après l’avoir abaissée de deux crans en janvier, avec une perspective négative, en raison des liens financiers et commerciaux entre le Portugal et l’Espagne, en pleine tourmente financière.
Selon notre scénario de base, il est toujours improbable que le Portugal puisse revenir pleinement sur les marchés internationaux de la dette dans les douze prochains mois et nous anticipons une rallonge du programme de financement, a expliqué S&P.
Depuis qu’il a obtenu cette aide exceptionnelle, le gouvernement portugais semble avoir rempli les exigences du plan UE/FMI de manière convaincante, a toutefois salué l’agence. Elle a notamment évoqué le nouveau code du travail, entré en vigueur mercredi, destiné à rendre le marché de l’emploi plus compétitif en particulier grâce à une réduction des coûts salariaux.
Le redressement du Portugal, basé sur les exportations, est confronté à d’importants vents contraires, s’est toutefois inquiété S&P invoquant des conditions financières et économiques moins favorables dans la zone euro et particulièrement en Espagne, qui achète environ un quart des exportations portugaises.
D’après les dernières estimations officielles, les exportations, principal moteur de l’économie, ont continué de progresser en mai, de 8,4% sur un an, mais grâce essentiellement à une hausse du commerce extra-communautaire.
Des objectifs difficiles à atteindre…
Le prêt accordé au Portugal, en échange d’un vaste programme de rigueur et de réformes, est censé couvrir les besoins de financement du pays jusqu’en septembre 2013.
Cette échéance semble cependant difficile à respecter, d’après de nombreux analystes, car le Portugal est à la peine pour réaliser ses objectifs budgétaires.
Selon des chiffres officiels, les recettes fiscales sont inférieures aux attentes du gouvernement au cours du premier semestre ce qui risque de compliquer l’objectif d’un déficit public de 4,5% à la fin de l’année et de 3% l’an prochain.
Par ailleurs, la récession devrait atteindre 3% du PIB cette année, avant une légère relance en 2013, tandis que le taux de chômage s’établit à des niveaux record, dépassant déjà les 15%, avant d’atteindre, selon les prévisions, un pic à 16% en 2013.
L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a même estimé récemment que l’économie devrait se contracter de 3,2% d’ici la fin de l’année et le chômage atteindre 16,2% en 2013.
Face à cette situation, plusieurs voix se sont élevées, aussi bien dans l’opposition de gauche qu’au sein de la majorité de centre-droit, pour demander des délais supplémentaires afin de mettre en oeuvre le programme de rigueur.
Le Premier ministre Pedro Passos Coelho, qui a déjà admis des difficultés, n’en a pas moins assuré qu’il ne demanderait ni plus de temps, ni plus d’argent.
La troïka UE-FMI-BCE, représentant les bailleurs de fonds du pays, qui jusque là s’est dite satisfaite des résultats du gouvernement, doit revenir fin août à Lisbonne pour une cinquième mission chargée d’évaluer la mise en oeuvre du programme de réformes du pays.




