L’intelligence artificielle s’engage dans les smartphones et réseaux

Reconnaissance d’image, amélioration des performances, optimisation du réseau: de plus en plus, l’industrie des télécoms intègre de l’intelligence artificielle (IA), dans ses smartphones et au-delà, une tendance qui va s’accélérer avec le déploiement de la technologie 5G.

Pour le grand public, l’IA, c’est avant tout les assistants vocaux. Pourtant elle existe de manière moins visible dans les smartphones, pour « améliorer l’expérience » de leurs utilisateurs et permettre sa personnalisation.

« Dans un marché du smartphone qui commence à être saturé, vous avez plus de chance de garder votre client si son appareil est très personnalisé », explique Dexter Thillien, analyste chez BMI Research.

L’IA sert donc aussi à détecter les préférences de l’utilisateur, et à adapter l’appareil à celles-ci, en mettant en avant les applications plus fréquemment utilisées, en classant ses images ou en tenant compte de ses goûts pour lui faire des propositions.

A terme « l’appareil pourra comprendre où vous êtes, ce que vous faites et pourquoi. Cela va passer par l’intégration de puces spécifiques +IA+ sur les appareils », qui permettront « un apprentissage local », détaille Ranjit Atwal, directeur de recherche chez Gartner.

Le dernier né de Samsung, le Galaxy S9, présenté lors du Congrès mondial de la téléphonie mobile (MWC) de Barcelone offre par exemple un service de traduction en temps réel d’un menu, via la caméra, la reconnaissance faciale ou encore des informations complémentaires en réalité augmentée, autant de fonctions impossibles sans une puce IA embarquée.

A cela, vient s’ajouter l’assistant personnel, qui utilise les mêmes données pour proposer sur d’autres dispositifs des services ajoutés, le but pour les fabricants étant d' »enfermer l’utilisateur » dans un « écosystème proactif », capable de répondre aux attentes de chacun, souligne Ranjit Atwal.

« Elle (l’IA, NDLR) ne sera pas uniquement dans votre smartphone, elle vous suivra lorsque vous vous installerez dans votre voiture, vous attendra à la maison, etc », ajoute-t-il.

– Plus de souplesse dans les réseaux –

L’IA suscite également beaucoup d’attentes du côté des opérateurs qui espèrent qu’elle permettra de répondre aux nombreux défis engendrés par la numérisation de la société.

L’équipementier Ericsson a annoncé mardi l’intégration de l’IA dans l’ensemble de ses équipements pour réseaux.

L’intégration de logiciels dans les réseaux « peut permettre d’abaisser les coûts pour les opérateurs », rappelle M. Thillien.

Voitures, containers, maisons, compteurs électriques ou d’eau, et bien entendu humains: les réseaux sont appelés à connecter de plus en plus d’éléments très disparates, mouvants et aux besoins extrêmement variés. Et l’intelligence artificielle mettra du rouage dans les systèmes, d’où sa complémentarité avec la technologie 5G qui permet de connecter tous ces objets en accélérant les transferts de données.

« Il faut faire le tri entre annonce marketing et réalité de l’IA. Il faut qu’il y ait de l’apprentissage des machines, pas simplement l’ajout d’un peu d’algorithmique traditionnel », nuance cependant Bertrand Copigneaux, responsable consultant innovation pour le centre de réflexion français Idate.

Dans de nombreux cas, en effet, de simples logiciels de calcul permettent déjà d’améliorer le fonctionnement des réseaux, ce qui n’empêchera pas l’IA d’avoir un rôle à jouer, en particulier avec le déploiement de la 5G, qui doit intégrer des « couches » logicielles afin de s’adapter aux diverses demandes.

L’IA permettra un pilotage plus affiné de cette technologie 5G en facilitant par exemple l’utilisation d’antennes spécifiques pour cibler des appareils dans une zone donnée au lieu d’arroser trop largement.

Grâce à elle, les réseaux pourront également mieux s’adapter « en fonction des moments de la journée, selon les lieux où la demande de connectivité sera plus forte, et même peu à peu l’anticiper (en tenant compte des usages antérieurs), tout ça de manière automatique », décrit Dexter Thillien.

Des adaptations impossibles sur les réseaux actuels.

« Cela se fera à moyen terme, pour l’heure c’est encore flou. Le suivi des appareils d’une antenne à l’autre peut déjà se faire avec de l’algorithmique classique mais l’apprentissage profond de l’IA peut permettre d’aller plus loin », conclut Bertrand Copigneaux. (AFP)

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